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Une journaliste de L’Age de faire a été placée en garde à vue lors d’un reportage sur les migrants

21 janvier 2017 / L’Age de faire

Lisa Giachino, journaliste à L’Age de faire, a été interpellée par la police et maintenue en garde à vue, alors qu’elle faisait un reportage sur les migrants, dans la vallée de la Roya, près de Nice.

Notre collègue Lisa Giachino, membre de la rédaction de L’Âge de faire, a été placée en garde à vue dans la nuit du 19 au 20 janvier pour « aide aux migrants » alors qu’elle réalisait un reportage dans la vallée de la Roya, une zone frontalière avec l’Italie. Elle témoigne à sa sortie de garde à vue, qui aura duré 10 heures.


L’Age de faire - Comment ça va ?

Lisa Giachino - Je suis à la gare de Menton. Ils viennent à l’instant de renvoyer pour l’Italie les jeunes Érythréens qui ont été arrêtés avec moi. A part ça, j’ai mal partout : on a marché toute la nuit sur une voie de chemin de fer !

Quelles sont les circonstances de ton arrestation ?

J’ai suivi 6 adolescents érythréens qui tentaient de rejoindre Nice depuis la vallée de la Roya. Beaucoup de migrants qui arrivent d’Italie se retrouvent coincés dans cette vallée, où tous les axes de sortie sont bouclés. Ces 6 jeunes ont voulu tenter le coup par la voie de chemin de fer. On a commencé à marcher vers 22h, jusqu’à 3 h du matin. Alors que nous marchions, une quinzaine de militaires embusqués sont soudainement sortis du noir avec des lampes en criant et en nous alignant. C’était assez impressionnant. La tension a baissé d’un ton quand ils se sont aperçus qu’ils avaient affaire à des gamins. Ils nous ont embarqués au commissariat de la police de l’air et des frontières de Menton.

Pourquoi t’ont-ils placée en garde à vue ?

Ils m’ont suspectée d’avoir aidé les Érythréens à passer la frontière. J’ai eu beau leur répéter que j’étais là pour faire un reportage dans le cadre de mon travail, ils m’ont quand même gardée 10 heures, en m’expliquant que mon travail ne justifiait pas ma présence ici ! J’ai même entendu que j’aurais dû demander une autorisation en préfecture pour faire ce type de reportage ! L’ambiance est tendue dans la vallée envers les habitants qui aident les migrants. L’un d’entre eux, Cédric Herrou, a été placé en garde à vue dans la nuit de mercredi à jeudi. Sa garde à vue a été prolongée 24 heures, il n’est donc toujours pas sorti, et son domicile a été perquisitionné hier. Les témoignages décrivent une perquisition menée dans des conditions violentes. Ce climat d’intimidation peut expliquer pourquoi ils m’ont gardée aussi longtemps.



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Source : L’Age de faire

Photo : Lyon Mag