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Nature

Une « sixième extinction » massive des animaux est en cours

Le monde fait face à un « anéantissement biologique », une « sixième extinction » massive de sa faune. Ce constat est posé dans une étude menée par Gerardo Ceballos (Université nationale autonome du Mexique), Paul Ehrlich et Rodolfo Dirzo (université de Stanford), et publiée lundi 10 juillet dans la revue scientifique Proceedings of the National Acadamy of Sciences (PNAS). Les trois chercheurs mettent ainsi en évidence un recul spectaculaire des espèces de vertébrés sur la planète Terre, aussi bien en nombre d’animaux qu’en étendue.

En 2015, Gerardo Ceballos et Paul Ehrlich avaient déjà tiré la sonnette d’alarme en publiant une étude dans la revue Science Advances qui faisait état d’une extinction de masse de la faune. Selon eux, les disparitions d’espèces ont été multipliées par 100 depuis une centaine d’années. Du jamais vu depuis l’extinction des dinosaures, il y a quelque 66 millions d’années. Dans leur nouvelle étude, les chercheurs s’inquiètent non seulement de voir cette situation empirer, mais ils sont également arrivés à la conclusion qu’au-delà du nombre d’espèces en voie de disparition, les populations animales, c’est-à-dire les groupes d’animaux sur un même territoire, connaissent aussi un net recul.

Pour arriver à ces conclusions, les trois universitaires ont étudié quelque 27.600 espèces d’oiseaux, d’amphibiens, de reptiles et de mammifères, soit un échantillon représentant près de la moitié des espèces vertébrées connues sur Terre. Résultat : un tiers des vertébrés sont en déclin aussi bien en nombre qu’en étendue. Dans les régions tropicales (Amazonie, bassin du Congo et Asie du Sud-Est) et tempérées notamment, les espèces migratoires et les animaux ont de moins en moins de territoire pour chasser et se reproduire. Les chercheurs se sont tout particulièrement intéressés à 177 espèces mammifères. Ils ont relevé qu’entre 1990 et 2015, tous les groupes avaient perdu 30 % de leur étendue géographique, voire plus. 40 % d’entre elles ont même reculé de 80 %. Certains mammifères, tels les guépards, lions africains et girafes, qui se portaient bien il y a une vingtaine d’années sont aujourd’hui en voie de disparition.

Cette « sixième extinction » massive, à la différence des autres, n’est nullement liée à une série de catastrophes naturelles, mais bel et bien et aux activités humaines : habitats naturels ravagés, une population toujours plus nombreuse, des sociétés polluantes, une surconsommation de masse notamment de la part des plus riches… les causes sont nombreuses.

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