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IdéeSélection culturelle

Victoires, entraide et sabotage : 2 livres et 1 podcast pour aller mieux

Une grand-mère poseuse de bombe, un mini-Trump dégagé, un « réseau des tempêtes »... Voici deux livres et un podcast pour en finir avec la résignation.

Un Premier ministre parti puis revenu, un projet de loi de finances sans rupture malgré l’urgence écologique et sociale, des militants de plus en plus réprimés... Comment faire pour retrouver de l’énergie, de la confiance et de l’espoir alors que les aspirations citoyennes sont à ce point méprisées ?

Il est temps de « chasser l’ombre du défaitisme, de la résignation », comme l’écrit le réalisateur et militant écolo Cyril Dion dans un livre récent La lutte enchantée — Comment garder espoir (et lutter !) dans un monde qui bascule. Pour le faire, quoi de mieux que d’écouter des voix stimulantes, qui ravivent joie d’agir et de partager ? Nous vous en proposons trois, généreuses et engagées pour le bien commun, aux antipodes de l’indignité gouvernementale actuelle.

Une bombe à la centrale de Fessenheim

Dans Remember Fessenheim, le journaliste David Dufresne livre un portrait détonnant de sa grand-mère, l’activiste et autrice Françoise d’Eaubonne. Aujourd’hui, on la connaît surtout comme pionnière de l’écoféminisme, mais cette insatiable révolutionnaire a été de tous les combats.

En 1942, juchée sur une bicyclette jaune sans freins, elle hurle « sales Boches » à l’occupant allemand. En 1971, avec les militantes du Mouvement de libération des femmes (MLF) et du futur Front homosexuel d’action révolutionnaire (Fhar), elle matraque à coups de saucissons un parterre de militants anti-avortement. En 1975, avec son comparse Gérard Hof, elle va poser une bombe à la centrale nucléaire de Fessenheim.

« Quand elle déboulait, la terre tremblait », résume David Dufresne. La sortie de ce livre, en pleine montée de l’extrême droite sur fond d’angoisse et de désespoir, est un grand shot d’énergie et de vitalité !
E.M

Remember Fessenheim, de David Dufresne, éd. Grasset, 340 p., 22 euros, sept 2025.

Tisser son réseau pour affronter l’avenir ensemble

Face aux catastrophes qui s’annoncent, soyons tels des marins parés à affronter des tempêtes. Préparons-nous « avec rigueur et enthousiasme », écrit Pablo Servigne, et surtout « pas seul ». Dans ce petit ouvrage, pensé à la fois comme un essai et un manuel pratique, le collapsologue bien connu déconstruit méthodiquement la figure du survivaliste ne comptant que sur lui-même et sa préparation matérielle. Et démontre que la meilleure façon de se préparer aux désastres à venir est plutôt de renforcer nos liens sociaux, de tisser notre « réseau des tempêtes ».

Liens horizontaux ou verticaux, de voisinage ou affinitaires… Cultivons-les pour le plaisir d’aujourd’hui et la résilience de demain. Un petit livre-outil utile tant pour le quotidien que la lutte. Reste à savoir quelles tempêtes exactement il faudra affronter : écologiques, politiques ? De ce point de vue, l‘auteur nous laisse un peu sur notre faim.
M.A

Le Réseau des tempêtes, de Pablo Servigne, éd. Les liens qui libèrent, 128 p., 10 euros, oct 2025.

Des luttes victorieuses

Enfin, des bonnes nouvelles ! Après son célèbre podcast « Les Couilles sur la table », et près d’une décennie à questionner les masculinités, la journaliste Victoire Tuaillon revient avec un nouveau podcast, « Et parfois, on gagne », qui se fait le récit des luttes victorieuses d’hier et d’aujourd’hui. L’idée ? Nous inspirer, même quand la « catastrophe est trop certaine ».

On part en Slovénie, petit pays d’à peine 2 millions d’habitants — la taille de Paris intramuros —, à la rencontre de celles et ceux qui ont « dégagé un mini-Trump » en plein Covid-19. Mais aussi à New York, dans les années 1970, à la rencontre des Young Lords, ces jeunes Portoricains, admirateurs des Black Panthers et adeptes des incendies de poubelles. On revient évidemment en France, avec la lutte pour la Sécurité sociale, racontée — comme les autres épisodes — avec des interviews d’archive et des témoignages actuels. Les leçons de tous ces récits : quand on gagne, ce n’est jamais seul. Parler de ces luttes, une évidence, quand on s’appelle Victoire ?
J.R

Et parfois, on gagne, des documentaires radio de Victoire Tuaillon, Claire Richard & Bertrand Guillot.

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