123
Média indépendant à but non lucratif, en accès libre, sans pub, financé par les dons de ses lectrices et lecteurs

Politique

Municipales : Les Écologistes s’accrochent comme ils peuvent au second tour

À Lyon, le maire écologiste sortant Grégory Doucet a obtenu 37,36 % des voix.

Municipales — Bons résultats à Paris, Lyon et Tours, des villes en sursis... Voici ce qu’il faut retenir des résultats des Écologistes au premier tour des élections municipales en France.

Ce fut une soirée riche en rebondissements, contredisant parfois les sondages et les analyses qui avaient précédé le scrutin. Dimanche 15 mars s’est tenu le premier tour des élections municipales 2026, marqué par une abstention historiquement haute (42,9 %). Alors que Les Écologistes avaient créé la surprise, il y a six ans, en remportant plusieurs moyennes et grandes villes, certaines se retrouvent désormais en difficulté, comme à Strasbourg et Besançon. D’autres, gérées par une coalition de gauche et d’écologistes, à l’image de Paris, Lyon et Bordeaux, semblent maintenir le cap avant le second tour.

Le scrutin a surtout révélé une percée de La France insoumise (LFI), qui obtient de bons scores à Saint-Denis, Roubaix, Lille ou encore Limoges. Le Rassemblement national (RN), qui possédait déjà plusieurs villes, renforce son ancrage, particulièrement dans le Sud-Est. Pour Les Écologistes, les résultats sont plus mitigés.

Les villes écologistes qui essaient de le rester

Certaines villes « vertes » s’accrochent comme elles peuvent. À Paris, le socialiste Emmanuel Grégoire (soutenu par Les Écologistes et le Parti communiste) est largement en tête avec 37,98 % des voix, devant la candidate Les Républicains Rachida Dati (25,46 %).

La question des alliances va désormais se poser, pour maintenir l’écart au second tour. L’insoumise Sophia Chikirou (11,72 %) a annoncé qu’elle « attendait [l’]appel » d’Emmanuel Grégoire pour s’unir et « faire un front antifasciste ». Ce dernier a estimé dans un discours que seule sa liste « [pouvait] l’emporter face au danger bien réel » de la droite et de l’extrême droite, sans mentionner une seule fois Sophia Chikirou, laissant planer le doute sur une potentielle union. Les candidats ont jusqu’au 17 mars, à 18 heures, pour déposer des modifications de listes.

Lire aussi : Municipales 2026 : comment s’en sortent les écologistes au premier tour ?

À droite, Pierre-Yves Bournazel (Horizons, soutenu par Renaissance) peut se maintenir au second tour, avec 11,34 % des voix. Il n’a pas encore annoncé s’il comptait continuer à faire cavalier seul, ou s’unir avec Rachida Dati. De son côté, la candidate d’extrême droite Sarah Knafo a atteint sur le fil le seuil qualificatif de 10 % des suffrages exprimés (10,40 %). Rachida Dati a appelé « toutes celles et tous ceux qui ne veulent pas que Paris s’enfonce dans la fuite en avant idéologique au rassemblement le plus large possible », faisant ainsi un appel du pied à l’électorat de Pierre-Yves Bournazel, mais aussi à celui de l’extrême droite.

À Lyon, c’est une « remontada historique » pour le maire écologiste sortant Grégory Doucet, s’est félicitée la patronne des Écologistes, Marine Tondelier. Déjouant les sondages, il a obtenu 37,36 % des voix — un peu plus que son rival Jean-Michel Aulas (36,78 %), candidat sans étiquette soutenu par plusieurs partis de droite et du centre (Les Républicains, Renaissance, UDI, Modem). L’insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi se qualifie tout juste pour le deuxième tour avec 10,41 % des suffrages, contrairement au candidat UDR-RN, Alexandre Dupalais (7,07 %). Déterminée à faire barrage contre Jean-Michel Aulas, elle a déclaré qu’elle était « [prête] à discuter » avec Grégory Doucet autour d’une fusion technique. Le 16 mars, la liste du maire sortant a annoncé avoir été « rejointe » par LFI en vue du second tour.

Loading...

À Tours, c’est plutôt une bonne nouvelle pour le parti vert : le maire écologiste sortant Emmanuel Denis arrive en tête, avec 34,04 % des suffrages exprimés, devant le candidat Les Républicains Christophe Bouchet, soutenu par Renaissance (23,88 %) et Aleksandar Nikolic (Rassemblement national, 11,69 %). Ce dernier a appelé Christophe Bouchet au rassemblement, ce qu’il a refusé.

À Bordeaux aussi, Les Écologistes s’accrochent. Le maire écologiste sortant Pierre Hurmic atteint la première place avec 27,68 % des voix, mais sans pour autant réellement distancer le candidat Renaissance Thomas Cazenave (25,58 %). Arrive ensuite l’économiste Philippe Dessertine avec sa liste « citoyenne » et « hors système » (20,20 %). Pierre Hurmic ne pourrait alors qu’espérer un report des voix de l’électorat insoumis de Nordine Raymond, qui n’a pas réussi à se qualifier pour le second tour (9,36 %). Pierre Hurmic ne l’a toutefois pas cité dans son discours, à l’annonce des résultats.

Les villes écologistes en difficulté

D’autres villes sont davantage dans la panade. À Poitiers, la maire écologiste sortante Léonore Moncond’huy arrive en tête avec 26,41 % des voix, mais cinq autres listes peuvent se maintenir au second tour.

À Strasbourg, l’édile verte Jeanne Barseghian (19,72 %) est distancée par sa rivale socialiste Catherine Trautmann (25,93 %) et le candidat Les Républicains Jean-Philippe Vetter (24,23 %).

À Besançon, la maire écologiste sortante Anne Vignot (33,37 %) est devancée par le candidat de droite Ludovic Fagaut (Les Républicains, 40,13 %).

À Annecy, le premier adjoint du maire écologiste sortant, Alexandre Mulatier-Gachet (divers gauche), arrive en deuxième position (24,70 %) derrière l’ex-ministre de l’Économie et de l’Industrie et député Renaissance Antoine Armand (34,78 %).

Du côté de Grenoble, le candidat Les Républicains Alain Carignon est en tête (27,04 %) devant l’écologiste Laurence Ruffin (26,33 %) — la sœur du député François Ruffin et successeure du maire sortant Éric Piolle — et l’insoumis Allan Brunon (14,59 %).

Dernière bataille électorale avant l’élection présidentielle de 2027, nul doute que ce scrutin municipal est particulièrement attendu pour livrer une tendance nationale. À gauche, il s’agit pour les différents partis de compter les points et comprendre quelle stratégie sera la plus efficace pour l’emporter au second tour. Celle de l’union parfaite, prônée notamment par Les Écologistes ? Ou bien celle des insoumis, cherchant à concurrencer la gauche traditionnelle et qui ont, pour la première fois, réussi à peser sur les municipales ?



Retrouvez tous nos articles sur les municipales ici.

legende