Zad de Notre-Dame-des-Landes : Macron lâche du lest

12 avril 2018

Sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes, l’opération militaire a repris ce jeudi matin. M. Macron a semblé indiquer son arrêt prochain. Reporterre suit les événements.

  • 22h00 « J’annonce la fin des opérations menées par les gendarmes. » C’est ce que, selon Ouest France, Mme Nicole Klein, préfète de Loire-Atlantique, dira lors d’une conférence de presse vendredi 13 avril.
  • 19h30 Interrogé sur France Info, le ministre de la Transition écologique déclare : « J’ose espérer que c’était la phase la plus désagréable ». Les blessés apprécieront. M. Hulot se dit « très ouvert » à « l’émergence de projets vers une agriculture pionnière et durable ». Cependant, il ne faut « pas de projet collectif, mais des projets individuels associés, coordonnés entre eux ». M. Hulot reconnait sa participation à l’agression de la Zad : « J’ai toujours fait en sorte, en en parlant avec Gérard Collomb, que l’on prenne le maximum de précautions, parce que rien ne justifie la moindre blessure ». Par antiphrase, il prétend que tout le problème résidait dans une minorité : « Une majorité des opposants étaient dans une disposition d’esprit très constructive ».
  • 19h17 Arrêt sur images raconte comment plusieurs journalistes, dont des photographes travaillant avec Reporterre ont été gênés voire empêchés de travailler par les gendarmes : « Interrogés par Arrêt sur images, deux photographes pigistes à Reporterre, confirment : ’J’ai été refoulé plusieurs fois par les gendarmes, j’ai dû ruser au possible pour approcher la zone de conflit’, témoigne Emmanuel Brossier. Autre pigiste de Reporterre, Jérémie Verchere, employé également par Taranis News, se trouvait sur les lieux les deux jours suivants et abonde  : ’Alors que j’étais parvenu à rejoindre la zone de conflits avec d’autres confrères, nous avons été empêchés par les gendarmes’. ’Ils nous ont sortis et escortés 500 mètres plus loin avant de nous lâcher sur une voie. J’ai dû contourner la ligne de front et après cinq heures de marche à travers champs, j’ai enfin atteint à nouveau la zone de conflit. A ce moment-là, il a été possible de travailler mais une de mes collègues a été blessée à la jambe par une grenade [lacrymogène].’ ’Sur cette zone, on a croisé plusieurs gendarmes équipés de grosses caméras professionnelles’, ajoute "Brossier. ’Bien loin du petit matériel habituel destiné aux identifications’ »
  • 18h30 Dans un communiqué, la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels « dénonce le porte de brassard “presse” par d’autres que par des journalistes. » Selon plusieurs témoignages de journalistes présents lors de l’évacuation de la Zad, « plusieurs membres des forces de l’ordre portaient sur eux un brassard identifié “presse” ».
  • 18h28 La manifestation de soutien sur la Zad dimanche se prépare. « Le temps est venu de nous retrouver pour dire que la Zad doit vivre, panser ses plaies, se reconstruire.... » Dans un communiqué publié sur le site zad.nadir.org, les habitant.e.s, soutiens, paysan.ne.s, voisin.e.s, jeunes et anciens de la Zad appellent à un grand rassemblement, ce dimanche 15 avril, à Notre-Dame-Des-Landes. Le rendez-vous est fixé à midi le long du chemin de Suez, à l’intérieur de la Zad. « L’État continue à arracher des maisons, des fermes, des espaces agricoles et des ateliers, à piétiner des jardins, à raser tout ce qui est beau. Nous avons avons besoin de vous sur le terrain maintenant. »

  • 18h13 Au Lama fâché, les gendarmes attendent qu’une barricade finisse de brûler. Ils sont deux fois plus nombreux que tout à l’heure. « Une grenade détonante explose à un mètre de moi, dit notre témoin, je suis assourdi. » Il y a eu au moins cent cinquante grenades en trente minutes.
    . De Christophe Gueugneau, journaliste à Mediapart : Au niveau de feu Lama fâché, des zadistes sont éparpillés à l’entrée d’un champ. Les gendarmes tentent de les faire reculer à coups de lacrymo et de grenades assourdissantes.

  • 17h40 Des soutiens de la Zad, en route en voiture vers Notre-Dame-des-Landes, expliquent pourquoi ils se rendent sur place :
  • 17h21 Des blindés se dirigeraient vers le carrefour de la Saulce. On y entend de très nombreuses détonations. Des tracteurs paysans y convergent.
  • 17h Selon France Info qui a recueilli ces informations du ministère de l’Intérieur, six gendarmes ont été blessés après être tombés dans une « embuscade » ce jeudi vers 13h30. Leur escadron se déplaçait entre Vigneux-de-Bretagne et les Ardillières lorsque le véhicule de tête s’est arrêté au niveau d’une barricade. Un des gendarmes a été blessé aux jambes par une bombe agricole. Un autre, aux jambes également mais par un jet de bouteille d’acide. Un troisième a reçu un pavé dans le casque. Les trois autres gendarmes ont été blessés plus légèrement.
    . Dans un communiqué, les habitants de la Zad donnent une autre version que celle du ministère de l’Intérieur : « Vers 13h30, plusieurs camions de gendarmes sont arrivés au niveau de cette barricade. Des gendarmes sont sortis des véhicules et ont fait des sommations. Il y a eu à ce moment là des échanges de projectiles de part et d’autre. Il ne s’agissait aucunement d’une “embuscade” : cette barricade était visible et survolée à de nombreuses reprises par l’hélicoptère et les drones de la gendarmerie dans les heures précédentes. Des personnes présentes ont apparemment craint une nouvelle attaque sur les lieux environnants. C’est un des endroits où les tirs de grenade de la gendarmerie ont fait hier soir de nombreux blessés hier avec des tirs nourris de grenades. »
Sur la Zad, en début de semaine. © Gendarmerie nationale
  • 16h30 Le mardi 10 avril, au deuxième jour d’opération policière à Notre-Dame-des-Landes, quatre journalistes vidéastes ont reçu un tir de grenades lacrymogènes alors qu’ils filmaient les gendarmes. À leurs côtés, des manifestants a priori non menaçants ont reçu quatre autres salves.
    La vidéo a été tournée aux alentours de 17 heures, à proximité de la D281 (la « route de chicanes ») et de la route des Fosses noires, dans une prairie au nord-ouest du carrefour où se trouvait Lama fâché.


  • 16h03 Dans un communiqué, la Ligue des Droits de l’Homme appelle à la reprise de « la concertation — nécessairement œuvre de patience — entre les différentes composantes ».

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  • 15h56 Réaction de Vincent Delabouglise, paysan solidaire, membre du collectif Copain 44 : « Emmanuel Macron a dû consacrer à peine une minute au dossier Notre-Dame-Des-Landes au journal de 13 heures... On entend ce qu’il peut vouloir dire, mais là, on est quand même très méfiants et échaudés, particulièrement cette semaine. On reste sur nos garde, on souhaite des éléments concrets, pas juste une déclaration. Sur le terrain, on voit effectivement que l’hélicoptère n’est plus là. Mais, vu ce qu’on a pris sur la tronche pendant quatre jours, on attend de voir. Ce qui est clair en tout cas, vu tout ce qu’il s’est passé, c’est qu’il va falloir se concerter, au sein du mouvement, pour voir dans quelles conditions on peut reprendre un dialogue après ce qu’il s’est passé. »
  • 15h28 Réaction de Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, recueillie par Reporterre : « La déclaration d’Emmanuel Macron va dans le sens de ce qu’on observait sur le terrain aujourd’hui. Ils n’ont pas repris de nouvelles fermes. Ce qu’on demandait depuis le début, c’était une pause, l’arrêt des évacuations et de la mise à mal des projets et des lieux de vie. On a dépassé toutes les limites de ce qui était acceptable. Après, d’un point de vue pratico-pratique, pour eux, c’est ingérable. Ils étaient dans une zone d’expulsion où ils savent très bien que les gens vont revenir en nombre. Il y a des endroits où, nous, on appelle à reconstruire, et ce dès dimanche : les lieux où il y avait de vrais projets agricoles. Notamment les Cent Noms, le plus emblématique. C’est là où tout a basculé. »
  • 14h25 Emmanuel Macron, sur TF1, au micro de Jean-Pierre Pernaut a déclaré : « L’opération est arrivée à un point où tout ce qui était évacuable a été évacué. » Selon le président, des discussions sur l’avenir des terres se poursuivront avec la préfète.
    . Voici sa déclaration : « Ça n’existe pas que le Premier ministre et le président soient en désaccord, vous savez. Dans la Ve République, les choses sont claires. De manière très claire, nous avons, en janvier dernier, décidé que l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ne serait pas fait pour tout un tas de raisons qu’a évoquées le Premier ministre, que l’ordre républicain serait rétabli. Les gens qui, aujourd’hui, manifestent, sont présents, créent du trouble, ce sont des gens qui occupent illégalement des territoires publics ou privés. Ils n’ont plus de raison de le faire, il n’y aura pas d’aéroport. Donc, depuis le début de la semaine, nous faisons ce que nos citoyens attendent de l’État : on rétablit l’ordre républicain. L’opération est arrivée, là, à un point où tout ce qui était évacuable a été évacué.
    . Il y aura maintenant, dans les prochains jours, un travail sous l’autorité de la préfète, qui consiste à permettre au projets agricoles légaux, organisés, de se faire. Et donc moi je souhaite que les agriculteurs qui sont sur place, avec un projet pour le territoire, puissent le développer. Mais c’est pas ça le désordre, c’est les gens qui ne cherchent qu’à créer le trouble. Nos concitoyens sont en droit d’attendre l’ordre. »

    . Regardez son intervention ici
Emmanuel Macron, sur TF1, jeudi 12 avril.
  • 13h18 - Compte-rendu de la conférence de presse. Ce jeudi midi, à la Rolandière, habitants et soutiens de la Zad ont tenu une conférence de presse.
  • L’équipe Médics est d’abord revenue sur les nombreux blessés — plus de 80 — qu’elle a pris en charge depuis le début de l’évacuation. « Si ça continue comme ça, il y aura des blessés graves et des morts. Hier, on n’est pas passé loin du drame, une grenade de désencerclement et tombé dans la capuche d’un militant, qui a eu le réflexe de la renvoyer : c’est un miraculé. » D’autres blessures — des orteils mutilés, un œil atteint par un tir de Flash-Ball — montrent « une violence qui est allée crescendo, un vrai déchainement ». Un médecin généraliste a confirmé que malgré leurs efforts pour prendre en charge les personnes, « depuis lundi, la violence n’a cessé de s’aggraver ». Par ailleurs, les coupures d’électricité qui ont eu lieu hier sur la plupart des lieux de vie de la Zad n’ont pas été sans conséquence. Des couveuses se sont ainsi éteintes, tuant tous les poussins qui y étaient placés. « On nous parle de discernement, mais où est-il ? » s’interroge l’équipe Médics.

Un blessé emporté sur une civière par une équipe de Médics.

  • C’est ensuite au tour de Marcel Thébaut, paysan historique de la Zad, de rappeler les nombreux gestes que les opposants ont fait depuis janvier en faveur du dialogue : « On a fait une délégation, on a rencontré la préfète, la chambre [d’agriculture], on a eu le sentiment de progresser. Mais ce n’était pas une vraie négociation, simplement une écoute de nos demandes et propositions. En quelques semaines, on ne peut pas conclure un accord sinon c’est une reddition. » Il explique que les habitants de la Zad étaient parvenus à un projet de coopérative collective, mais que l’État n’en a pas voulu, s’arque-boutant sur sa demande de projets individuels. « Les exigences de déclaration individuelles se heurtent sur place au fait que tout le monde n’est pas agriculteur, il y a aussi des intellectuels et des artisans, et c’est ce qui fait la richesse du bocage, précise-t-il. Se déclarer individuellement, c’est se dissocier de ceux qui ne peuvent pas le faire, et ce n’est pas l’esprit de ce qui se passe ici. Nous réitérons notre offre de coopérative collective car ici, le collectif, c’est la base. » Le paysan s’interroge : « La prochaine rencontre avec la préfète doit avoir lieu la semaine prochaine : mais comment continuer avec ce coup de massue, ce coup de bulldozer ? Comment renouer le dialogue après cette razzia ? »
  • Dominique, de l’Acipa, fustige pour sa part l’opération de com’ du gouvernement : « On parle de “déconstruction” alors que ce sont des destructions, on parle de “riposte” quand il s’agit d’attaque. C’est une véritable agression, non un “apaisement”, comme le dit le gouvernement ! »
  • Enfin, Geneviève Coiffard a appelé, au nom de la coordination des opposants, à venir dimanche sur la Zad. « On n’espère pas une victoire militaire contre des blindés, car on ne pourra pas arrêter leur rage de destruction, mais ils sont en train de perdre la bataille politique, grâce aux soutiens qui se manifestent partout en France. Pour une baraque détruite, on en construira deux. Nous avons espoir dans notre force collective. »
  • 13h13 Selon Radio Klaxon, la radio pirate de la Zad, des pelleteuses déblayent les Planchettes depuis deux heures.
  • 13h09 Dans un communiqué, le SNJ France Télévisions (un syndicat de journalistes) écrit : « “200 caméras de la gendarmerie sur le terrain”, annonce fièrement Gérard Collomb sur LCI. Tranquillement, le ministre de l’intérieur assume le fait d’avoir écarté des journalistes professionnels pour montrer au public des images “contrôlées” de l’évacuation des Zadistes de Notre-Dame-des-Landes. »
  • 13h05 Réaction de Stéphane Vallée, l’un des deux avocats d’un habitant expulsé, lundi, des Cent Noms, lieu détruit par les forces de l’ordre. Cet habitant avait assigné en référé la préfète Nicole Klein. Maître Vallée plaidait, ce matin, la voie de fait devant le tribunal de grande instance.
    Maître Vallée : « C’était long. On s’attendait à ce type d’audience. En face, la préfecture a été extrêmement véhémente. Beaucoup d’arguments juridiques ont été déployé de part et d’autre. C’était intense. Leur volonté est très clairement de faire durer les choses. On a des arguments qui, à mon sens, sont parfaitement valables. Le juge va trancher. La décision sera rendue demain. En fonction de ça, on verra ce qu’on peut faire. On s’aperçoit, dans cette procédure, que des ordonnances de requête ont été prises pour obtenir l’expulsion de notre client au moment même où il s’identifiait auprès du propriétaire de la parcelle, en 2013. Qu’il soit privé de tous les droits dont bénéficie une personne qui réside sur une parcelle — le droit de demander des délais, d’avoir accès au juge — provoque un sentiment de grande injustice chez lui. »
  • 12h45 Extrait de la tribune « Cent noms pour une Zone d’agriculture durable » publiée sur Mediapart.

Le collectif : voilà le sujet du combat qui se joue à Notre-Dame-des-Landes. Quand le Gouvernement impose des conventions d’occupation temporaires individuelles, des paysan·ne·s, de la ferme des Cent noms ou d’ailleurs, envisagent leur activité collectivement. (...) Si notre tradition et notre Histoire envisagent la possession de terres principalement de façon individuelle, l’imaginaire politique qui existe à Notre-Dame-des-Landes et ailleurs prend appui sur un constat critique du rapport à la propriété pour expérimenter des propositions nouvelles. (...) Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants. Dès lors, les écologistes et toutes celles et tous ceux qui réfléchissent à une autre relation à l’agriculture et aux sols envisagent légitimement, à coté de la propriété individuelle, une propriété collective, partagée, de la terre, ainsi qu’un travail lui aussi appréhendé collectivement. (...) À Notre-Dame-des-Landes, l’intervention brutale des forces de l’ordre ne vise pas à faire respecter le droit. Elle vise à combattre une idée : celle d’un autre rapport à l’agriculture, en rupture avec le modèle productiviste. (...) En accordant la possibilité de conventions d’occupation collective des terres de Notre-Dame-des-Landes à celles et ceux qui en font la demande, ce que le droit permet, le Gouvernement n’abandonnerait pas son autorité. Au contraire, il ferait la preuve de sa disponibilité et de son ouverture à une approche différente de l’agriculture. (...) La ferme des 100 noms est tombée mais son imaginaire, celui qui s’est épanoui à Notre-Dame-des-Landes, est porteur d’espoir. Nous sommes convaincu·e·s que cet espoir est notre avenir. Il n’est pas trop tard. Nous réclamons le droit de laisser vivre cette alternative pour transformer en réalité le rêve d’une agriculture ancrée sur les territoires, respectueuse du vivant et des paysan.ne.s.

  • 12h40 Les chrétiens d’Église et écologie lancent un Appel Notre-Dame priez pour nous. Ils expliquent : Nous demandons qu’un véritable dialogue soit mis en place, respectant le choix légitime de projets collectifs, qui sont d’ailleurs une tradition dans le milieu agricole. Comme l’écrit le Pape dans Laudato si : ’On peut faciliter des formes de coopération ou d’organisation communautaire qui défendent les intérêts des petits producteurs et pré­servent les écosystèmes locaux de la déprédation.’ »

  • 12h34 Une source sûre a confirmé à Ouest-France que cette journée de jeudi serait consacrée au déblaiement des squats évacués. Aucune évacuation ou expulsion n’a eu lieu ce matin, aucun affrontement non plus.
  • 11h45 Pendant ce temps-là, à quelques centaines de kilomètres de la Zad, dans le Perche, là où Emmanuel Macron doit prendre la parole au Journal télévisé de 13h, des habitants manifestent et bloquent les routes, en soutien à la Zad et aux luttes sociales en cours.
  • 11h40 Sur la Zad, les gendarmes reprennent position autour de la Chèvrerie, d’après le site zad.nadir. Un point presse est prévu à 12h à la Rolandière pour faire le point sur les blessés et sur les procédures juridiques en cours notamment.
  • 11h05 L’audience contre l’expulsion des Cent Noms au TGI de Nantes est terminée. Jugement rendu demain, vendredi 13 avril. Le compte-rendu est à retrouver ici.
  • L’invitation d’habitants des Cent Noms à la sortie du tribunal
  • 10h35 - Communiqué des habitants de la Zad « Après 3 jours d’expulsion , seront-ils prêt à tuer parce qu’ils ne veulent pas de collectif ? » :
  • Mercredi 11 avril, 6 lieux de vie et habitats supplémentaires de la zad ont été détruits : Sécherie, Acatrelle, Isolette, Boîte noire, Entre deux, Gaieté... Ils continuent d’essayer d’éradiquer nos vies, notre histoire. L’attaque [contre le pique-nique de protestation] ainsi que celles extrêmement brutales qui ont suivi immédiatement autour de la maison de la Grée et au carrefour de la Saulce ont provoqué de très nombreuses blessures. L’équipe médic fait état de plus de 80 blessés. (...)
  • Une question est ce soir sur toute les lèvres, dans les lieux encore debout dans le bocage, dans les foyers des centaines de milliers de personnes dans ce pays pour qui la zad représente toujours un espoir : jusqu’où le gouvernement Macron ira-t-il ? Cet après-midi dans la foule prise en étau entre des rangs de policiers, il était clair pour tous que l’Etat serait désormais prêt à tuer pour finir son opération. Ces chairs blessées, ces morts possibles dans l’acharnement policier sont désormais le prix que l’Etat macronien est prêt à payer pour ne laisser aucune place à un espace d’expérimentation collective, pour enrayer la solidarité.
Image du Gourbi ce matin, après destruction, prise par Télénantes.
  • 10h30 - Communiqué des personnes ayant bloqué la N165 : « Ce matin nous sommes quelques personnes à avoir bloqué la voie rapide entre Nantes et Vannes. Nous trouvons que c’est une réponse convenable à la fuite en avant du gouvernement et de la préfecture sur la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes. Rien de plus simple à organiser : quelques gilets jaunes et quelques pneus. Nous affirmons notre soutien aux amis sur la ZAD, et espérons que la déviation engendrée par les embouteillages aura un peu déjanté le dispositif policier et, pourquoi pas, fourni l’occasion à des automobilistes de passer faire un tour sur la ZAD. Nous affirmons notre soutien à tous ceux qui luttent en ce moment, cheminots, étudiants etc et invitons tous ceux qui comme nous ne peuvent pas se rendre sur la ZAD, à multiplier ces petits gestes qui grippent le dispositif policier. »
  • 10h15 Au Tribunal de grande instance de Nantes, l’audience contre l’expulsion des Cent noms est en cours.
  • Pour rappel, un habitant des Cent noms, vivant sur place depuis 2013, a assigné en urgence la préfète de Loire-Atlantique Nicole Klein devant le TGI de Nantes pour faire constater l’illégalité de son expulsion de son domicile. Il s’était fait connaître à plusieurs reprises (en 2013 et 2016) auprès des propriétaires successifs de la parcelle qu’il occupait. En mars dernier, il a de nouveau signalé sa présence auprès de la préfecture. Il n’a jamais eu de réponse et n’a pu bénéficier d’une procédure contradictoire. Le 9 avril au matin, il était expulsé de sa maison par les forces de l’ordre accompagnées d’un huissier qui ne daignait même pas lui donner une copie de la décision qui autorisait son expulsion. Pour ses avocats, une expulsion dans ces conditions, hors de tout cadre légal, porte atteinte à ses libertés fondamentales, notamment le droit à un procès équitable et le droit au respect du domicile.
  • Voici ce que disent Me Vallée et Me Huriet, ses avocats, d’après les journalistes de Presse Océan présents : « la destruction des 100 noms est un gâchis. Cette ferme, c’était pas des occupants de papier. C’était un lieu de vie, explique ainsi Me Vallée. Il faut arrêter avec le fantasme de l’huissier qui ne peut pas accéder au site. Un huissier est passé en 2016. C’est tellement facile de dire qu’on ne peut pas identifier les gens. On a fait comme s’ils n’existaient pas depuis 5 ans. Cette expulsion est illégitime. » De son côté, Me Huriet dénonce une « démonstration de force » : « l’état ne voulait pas perdre la face.La situation est ubuesque. Nous risquons le déni de justice » Ils dénoncent, comme l’avait expliqué Reporterre, une voie de fait. Pour sa part, l’État considère qu’« il n’y a pas eu atteinte à la liberté individuelle » et demande au tribunal de se déclarer incompétent.
Me Huriet et Me Vallée avant l’audience, photo prise par une journaliste de Presse Océan.
  • 9h25 D’après le site zad.nadir, la 4 voies Nantes/Vannes (N165 ), serait bloquée au niveau du Temple ou de Vigneux à cause d’un barrage enflammé, certainement installé en soutien à la Zad. Information confirmée par Radio France mobilité.
La N165 bloquée par un barrage enflammé au niveau de Vigneux.
  • 9h15 Ambiance relativement « tranquille » sur la Zad. « C’est la première fois que c’est calme à 8h depuis le lundi, s’étonnent presque des zadistes auprès d’une journaliste de Ouest-France. Les camions de gendarmerie sont postés partout mais rien ne bouge. »
  • 9h00 - Point sur la situation. Après trois jours d’opération militaire, les gendarmes ont repris la route du bocage ce jeudi matin. Les accès à la Zad seraient bloqués. Sur France Inter, le secrétaire d’état Sébastien Lecornu s’est félicité d’un « calendrier des opérations tenu », sans évoquer la possibilité d’une pause, comme le réclame pourtant plusieurs députés de la majorité, ainsi que de très nombreuses associations. L’opération pourrait se poursuivre encore plusieurs jours, alors que les appels et les actions de soutien à la Zad se multiplient. Ce matin à 9h, la préfète de Loire-Atlantique doit passer devant le tribunal de Nantes, pour la destruction des 100 noms.
  • Hier, les gendarmes ont mené une grande offensive autour du carrefour de la Saulce, point névralgique de la Zad, ainsi que sur les routes menant aux Fosses noires et à la Rolandière. De nouvelles cabanes ont été détruites (Sécherie, Gourbi, Isolette), en plus de la quinzaine démantelées lundi et mardi. L’équipe Médics a recensé de très nombreuses blessures - 9 causées par un flashball, 16 suites à des tirs tendus de lacrymogène, et 22 blessures liées à des explosions des grenades. Notre journaliste sur place a été touchée par un éclat de grenade. Côté gendarmes, il y aurait également une trentaine de blessés.

  • 8h30 D’après Télénantes, tous les points d’accès à la Zad de Notre-Dame-des-Landes sont bloqués.
Les points d’accès sont bloqués, d’après Télénantes.
  • 8h22 La préfète de la Loire Atlantique va devoir s’expliquer devant la justice ce jeudi à 9h pour l’expulsion d’un habitant du lieu dit « Les Cents Noms » et la destruction de son domicile.
  • 8h00 Des associations exigent la « cessation de cette opération militaire de grande envergure » avant qu’il ne soit trop tard. « L’État engage son entière responsabilité quant aux blessé-es résultant de son intervention, que ce soit du côté des habitants de la Zad ou des forces de l’ordre. »
Carte de la zone centrale de la Zad.
  • 07h05 45 camions de gendarmes, 8 voitures, 2 blindés et le camion projecteur sont signalés aux Ardillières, ils partent sur la D281.
  • 06h12 Les gendarmes sont à la Grée. Toutes les routes d’accès à la Zad semblent bloquées.




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Lire aussi : Sur la Zad, la difficile résistance face au rouleau compresseur des gendarmes

Sources : Des témoins sur la Zad, et, à d’autres lieux de France, Charles Dannaud, Hervé Kempf, Lorène Lavocat et Alexandre-Reza Kokabi, pour Reporterre

Photo de Une : © Emmanuel Brossier/Reporterre
. La Zad est à nous : Alessandro Pignocchi
. Blessé emporté sur une civière par les Médics (Jean-François Martin)
. Près du Lama fâché : Christophe Gueugneau



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