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Économie

À Bercy, une action militante pour dire « stop à Amazon »

Quelques cartons Amazon empilés sur le sol. Une grande banderole déployée sur la façade du ministère de l’Économie. En quelques minutes, les militants des Amis de la Terre, d’ANV Cop 21 et d’Attac ont planté le décor de leur action contre Amazon vendredi 4 décembre, à 9 h 30.

Ils ont dénoncé le double discours du gouvernement qui soutient l’implantation massive d’Amazon – avec quatorze projets d’entrepôts autorisés en moins d’un an – tout en demandant aux Français d’acheter leurs cadeaux de Noël chez les petits commerçants. Un problème majeur de cohérence pour Alma Dufour, des Amis de la Terre. « Le gouvernement assure qu’Amazon crée de l’emploi. Mais cela fait une année que les ONG l’alertent au contraire sur les destructions engendrées par l’e-commerce. »

L’expansion du e-commerce a détruit 81.000 emplois en France

Selon une nouvelle étude dévoilée ce jour, l’expansion du e-commerce a détruit 81.000 emplois en France, 79.000 en Allemagne et 44.000 en Espagne entre 2009 et 2019. Ce sont les commerces de proximité, notamment dans le secteur de l’habillement, qui sont les plus durement touchés. L’étude montre qu’un emploi créé dans les entreprises de plus de 250 salariés, via l’expansion du e-commerce, entraîne la destruction de six emplois dans les entreprises de moins de 250 salariés. Les scénarios prospectifs de cette étude, qui projettent 46.000 à 87.000 destructions supplémentaires d’ici 2028, restent prudents, car ils n’ont pu prendre en compte les effets cumulés du Covid et de la pression à la rentabilité de l’actionnariat de la grande distribution.

L’action était aussi l’occasion de rappeler la demande moratoire sur la construction des entrepôts de e-commerce dans le projet de loi Convention citoyenne pour le climat. Une requête pour l’instant restée lettre morte.

Leïla Chaibi, députée européenne France Insoumise, qui a soutenu financièrement la publication de cette étude, était également présente devant le ministère de l’Économie. « Sur tous les fronts, les gens se mobilisent contre l’impunité de cette entreprise. » Elle rappelle l’importante manifestation contre un projet d’entrepôt Amazon au sud de Nantes le 28 novembre dernier. Et commente : « Ils ne sont pas malins chez Amazon de décider d’implanter un entrepôt à cinquante kilomètres de Notre-Dame-des-Landes ! »

Elle souligne aussi la montée en puissance de la mobilisation internationale avec la campagne « make amazon pay » qui demande à l’entreprise de consacrer ses bénéfices à une meilleure rémunération des travailleurs, au paiement des impôts et à la lutte contre les ravages écologiques. En parallèle de cette campagne, les travailleurs des entrepôts Amazon au Bangladesh, en Inde, en Allemagne, au Brésil, en Angleterre sont en train de mener de multiples grèves.

Sa collègue Manon Aubry, également députée européenne France Insoumise, a de son côté insisté sur l’évasion fiscale d’Amazon. « En plus de détruire la planète et nos petits commerces, Amazon détruit aussi le service public car il ne paie pas sa juste part d’impôts. » Selon une étude publiée par Attac, 98 % des vendeurs étrangers actifs contrôlés sur les plateformes de e-commerce n’étaient pas immatriculés à la TVA en France et ne reversaient donc pas la taxe due à l’État. Une fraude fiscale évaluée entre 790 millions et 1,2 milliard d’euros.

  • Source et photos  : Reporterre

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