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En bref — Monde

À peine découvert, un peuple est menacé d’extinction en Amazonie

Membres d'un peuple non contacté apparus à la frontière entre le Pérou et le Brésil en 2014, signalant un massacre de leurs proches plus âgés. Le peuple dont l'existence a nouvellement été confirmée vit dans la même région.

Son existence vient tout juste d’être confirmée que, déjà, il court un danger imminent d’extinction. Jeudi 17 février, l’ONG Survival International a alerté sur les risques de disparition d’un « peuple non contacté » [1] vivant dans les forêts reculées d’Amazonie.

Entre août et octobre 2021, une expédition officielle a permis de certifier la présence d’un groupe autochtone jamais entré en contact avec les colons à proximité du fleuve Purus, dans la région occidentale de l’Amazonie brésilienne. Les agents de terrain ont découvert des abris de chasse, des paniers tressés, des pots ou encore des arcs, et ont même entendu des membres du peuple communiquer. S’il est impossible d’évaluer la taille de cette population de chasseurs-cueilleurs, une chose est sûre, selon l’ONG : un danger d’extinction la menace, dans l’indifférence totale des autorités brésiliennes.

Pour cause : le territoire sur lequel vit cette communauté n’est pas protégé. De nombreux colons se sont établis aux alentours, où ils pêchent, chassent et récoltent des produits forestiers indispensables à la survie des autochtones. Par ailleurs, aucun cordon sanitaire n’a été établi pour éviter les interactions. Toute rencontre avec les personnes extérieures expose pourtant les peuples autochtones à des maladies, comme le paludisme ou le Covid-19, contre lesquelles ses membres ne sont pas immunisés. Enfin, ces dernières années, d’autres populations non contactées de l’État voisin, appelé Acre, auraient été massacrées par des exploitants forestiers illégaux et des trafiquants de drogue.

« Le risque de leur génocide est certain »

La Fondation nationale de l’Indien (FUNAI) — créée pour protéger la vie, les terres et les droits fondamentaux des peuples autochtones de la forêt amazonienne — néglige ce dossier depuis cinq mois. Dans une déclaration récemment publiée, la Fédération des organisations et communautés autochtones du Moyen-Purus (FOCIMP) a exprimé sa colère et son inquiétude face à la situation : « Le risque de leur génocide est certain en raison du retard de la FUNAI de Brasilia à remplir son rôle en reconnaissant officiellement leur présence dans cette région. »

Jeudi 17 février, la directrice de la recherche et du plaidoyer de Survival International, Fiona Watson, a dénoncé « l’échec criminel » de la FUNAI « à remplir son obligation légale de protéger ce peuple extrêmement vulnérable » et « la forêt dont il dépend ». Aux yeux de l’ONG, les hauts dirigeants de la Fondation sont désormais sous l’emprise du programme génocidaire du président Jair Bolsonaro.

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