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Nucléaire

Actions antinucléaires à Paris, Lyon et dans la Drôme pour réclamer la fermeture de la centrale du Tricastin, âgée de 40 ans

Des militants antinucléaires et des associations environnementales et sociales [1] ont mené plusieurs actions simultanées à Paris, Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme) et Lyon (Rhône) ce jeudi 28 mai au matin pour dénoncer la prolongation du fonctionnement du réacteur n°1 de la centrale nucléaire du Tricastin au-delà de quarante ans et demander son arrêt immédiat.

« Dimanche 31 mai, cela fera exactement quarante ans que le réacteur n°1 de la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme) est connecté au réseau électrique. EDF souhaite prolonger jusqu’à cinquante voire soixante ans la durée de fonctionnement de ce réacteur, qui est le premier du parc nucléaire français à entamer le processus en vue de sa prolongation au-delà de quarante ans. Pour des raisons de sûreté, nous, associations, collectifs et syndicats, nous opposons à la prolongation de ce réacteur vétuste, polluant et dangereux, et exigeons sa fermeture », ont écrit les organisations dans un communiqué commun.

Étirer la durée de vie des réacteurs jusqu’à cinquante voire soixante ans revient à rogner sur les marges de sûreté

Vers 11 h 45 à Paris, huit militants équipés de masques chirurgicaux et espacés d’un mètre pour respecter les règles de lutte contre l’épidémie de Covid-19 ont déployé une banderole « 40 ans ça suffit ! Débranchez la centrale nucléaire du Tricastin » devant le siège social d’EDF, avenue de Wagram dans le 8e arrondissement, a expliqué Julien Baldassara, chargé des mobilisations du réseau Sortir du nucléaire, à Reporterre. Ils ont déposé devant l’entrée une maquette du réacteur d’où s’échappait une fumée verte, « symbolisant les fuites radioactives et les risques d’accident accrus », explique le communiqué. Charlotte Mijeon, porte-parole du réseau, a pris la parole pour expliquer les raisons de la mobilisation. Les employés du groupe ont immédiatement fermé les volets métalliques du siège. L’action s’est achevée au bout d’un quart d’heure sans intervention des forces de l’ordre.

La banderole déployée devant le siège social d’EDF, le 28 mai 2020. © Réseau Sortir du nucléaire

Des banderoles similaires ont été déployés par dix militants devant la centrale nucléaire du Tricastin à Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme), et par une dizaine de militants devant la division régionale de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) à Lyon (Rhône).

« Les réacteurs de 900 mégawatts (MG) du parc nucléaire français, tels que celui de Tricastin 1, ont initialement été conçus pour fonctionner trente ans, avec une marge de sûreté de dix ans. Étirer leur durée de vie jusqu’à cinquante voir soixante ans reviendra à rogner sur les marges de sûreté, dénoncent les organisations dans leur communiqué. En effet, malgré les travaux lourds et complexes prévus par EDF, certains équipements cruciaux pour la sûreté de l’installation nucléaire ne sont ni remplaçables, ni réparables. C’est le cas de la cuve, qui contient les assemblages de combustibles immergés, et de l’enceinte de confinement en béton du bâtiment réacteur. Or la durée de vie d’un réacteur est directement liée à l’état de sa cuve et de son enceinte. »

La maquette déposée devant le siège social d’EDF

Les organisations dénoncent également un risque croissant de rupture brutale de la cuve, lié à la présence d’une vingtaine de fissures sur cette pièce d’acier ; des défaillances dans la résistance aux séismes, alors que des secousses sismiques ont été enregistrées l’an dernier sous la centrale ; des retards dans les travaux de renforcement de la digue située en amont de la centrale ; et une vulnérabilité accrue aux risques naturels extrêmes liés au changement climatique (inondations, sécheresse).

Le réacteur n°1 de la centrale du Tricastin avait redémarré le 23 décembre 2019 après un arrêt de près de sept mois consacré à une visite exceptionnelle destinée à lui permettre de poursuivre sa vie au-delà de quarante ans. Le réacteur de 900 MW situé dans la centrale du Tricastin, dans la vallée du Rhône, à la frontière de la Drôme et du Vaucluse, est le premier du parc français à avoir ainsi passé sa quatrième « visite décennale ». Cet avis de redémarrage accordé par l’[ASN|Autorité de sécurité nucléaire] n’était que la première étape vers l’éventuelle autorisation de faire fonctionner le réacteur jusqu’à cinquante ans. Les prochaines échéances seront une enquête publique prévue en 2021, et une décision de l’État sur la base du rapport de l’ASN transmis au ministère de la Transition écologique.

Par ailleurs, deux réacteurs du Tricastin devraient être arrêtés d’ici 2035, conformément à l’objectif de baisse de la part du nucléaire à 50 % du mix électrique français d’ici 2035 inscrit dans la dernière programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).

  • Sources : Reporterre, réseau « Sortir du nucléaire »
  • Photo :
    . Chapô : La banderole déployée devant la centrale nucléaire du Tricastin, à Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme). Réseau « Sortir du nucléaire » (courriel)
    . La banderole déployée devant le siège social d’EDF, jeudi 28 mai. Réseau « Sortir du nucléaire » (courriel)
    . La maquette déposée devant le siège social d’EDF. Réseau « Sortir du nucléaire » (courriel)

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