« Amazon soutient la politique fasciste de l’ICE » : des écologistes s’invitent dans ses bureaux français
Le 13 février 2026, Action Justice Climat a organisé une action contre Amazon. - © Remy El Sibaïe
Le 13 février 2026, Action Justice Climat a organisé une action contre Amazon. - © Remy El Sibaïe
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Des militants d’Action Justice Climat se sont introduits au siège d’Amazon, à Clichy dans les Hauts-de-Seine. Ils dénonçaient les liens du géant du web avec l’ICE, la violente et raciste police de l’immigration aux États-Unis.
Clichy (Hauts-de-Seine), reportage
Le géant étasunien Amazon est connu pour expédier des colis partout dans le monde. Vendredi 13 février, à 7 heures du matin, c’était au tour de l’entreprise de recevoir des colis : une trentaine de militantes et militants de l’association Action Justice Climat (AJC) se sont introduits au siège social d’Amazon, à Clichy, pour y déposer des cartons sur lesquels on pouvait lire : « From ICE with Love. » (« envoyé par ICE avec amour »). Dans le même temps, d’autres peignaient un cœur sur la façade du bâtiment, avant de coller un dernier message : « ICE, le racisme à son prime. »
Ils et elles souhaitaient ainsi mettre en lumière les liens de l’entreprise avec le Service de l’immigration et des douanes des États-Unis (ICE), qui mène depuis plusieurs mois une chasse aux immigrés qui a fait trente-deux morts en 2025.
« À AJC, qui est un mouvement écologiste qui travaille en faveur de la justice sociale et climatique, il nous apparaissait essentiel de dénoncer la politique fasciste menée aux États-Unis, et le fait que la police tue aux États-Unis comme en France », explique Marion Gués Lucchini, porte-parole du mouvement.
Reconnaissance faciale
« Les serveurs d’Amazon Web Service hébergent et fournissent les données de l’entreprise Palantir », explique Marion Gués Lucchini. Cette dernière, créée par l’entrepreneur ultraconservateur Peter Thiel, propose des services de reconnaissance faciale, de traçage et d’identification. Les agents de la police de l’immigration utilisent les services de Palantir pour interpeller et expulser des personnes sans-papiers.
« Amazon n’est pas qu’une entreprise polluante et qui favorise la consommation, elle soutient aussi la politique fasciste de l’administration américaine », poursuit donc Marion Gués Lucchini.
« Amazon soutient aussi la politique fasciste de l’administration US »
Si l’action d’AJC est une manière de montrer une solidarité avec les citoyens étasuniens anti-ICE, elle vise aussi à rappeler que ce qui se déroule aujourd’hui aux États-Unis existe aussi en France : « Regardez, par exemple, la mort d’El Hacen Diarra dans un commissariat du 20ᵉ arrondissement en janvier, les rafles organisées par Bruno Retailleau cet été [alors qu’il était ministre de l’Intérieur], ou les contrats entre Palantir et la DGSI [la Direction Générale de la Sécurité Intérieure, en France] », continue Marion Gués Lucchini.
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En décembre 2025, la DGSI a en effet annoncé renouveler pour trois ans un contrat signé en 2015, au lendemain des attentats du 13 novembre, soulevant de nombreuses critiques. Et notamment le fait qu’en vertu du Cloud Act, l’administration étasunienne peut exiger de Palantir de consulter des données collectées en France.
Si elle intervient la veille de la Saint-Valentin, l’action d’AJC a aussi été menée à un autre moment opportun pour une autre raison : le jeudi 12 février, le responsable de la politique migratoire annonçait que l’ICE allait mettre fin à sa mission à Minneapolis. Une victoire obtenue, en partie, grâce à la mobilisation sans relâche d’un bon nombre de citoyens étasuniens ces deux derniers mois. « Une preuve que les mobilisations citoyennes peuvent gagner », conclut la porte-parole d’Action Justice Climat.