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Après la fast-fashion, des ONG s’attaquent à la « fast-déco »

Au lieu de construire des meubles qui dureront des années, plusieurs enseignes sortent désormais plusieurs collections chaque année.

Après la fast-fashion, la « fast-déco » ? C’est l’alerte lancée par trois ONG le 14 mai. Selon l’étude qu’elles publient, on assiste aujourd’hui à l’émergence d’un modèle de « fast-déco » reposant sur les mêmes pratiques que celui de la fast-fashion pour les vêtements : des quantités astronomiques mises en marché, des prix structurellement bas assortis d’offres promotionnelles, la création permanente de nouveaux besoins.

« Alors même que la durée de vie d’un meuble ou d’un objet de décoration devrait être de plusieurs années, voire dizaines d’années, les enseignes produisent plusieurs collections saisonnières par an, complétées par des collections “capsules” à durée limitée, destinées à inciter encore davantage à la consommation », dénoncent Zero Waste France, Les Amis de la Terre et le Réseau national des ressourceries et recycleries.

« Ikea ajoute 2 000 articles par an à son catalogue »

Les trois associations constatent que certains types de meubles sont en forte croissance ces dernières années : les meubles d’appoint tels que les tables basses, porte-manteaux, tables d’appoint ou plateaux de tables ; les produits rembourrés d’assise ou de couchage, comme les couettes, oreillers, coussins ; les salons et autres chaises de jardin. Côté décoration, là encore, c’est l’explosion de la consommation de bougies, plaids, linge de lit, coussins, décorations murales, lampes, décorations de jardin…

« L’enseigne Ikea ajoute ainsi 2 000 articles par an à son catalogue — tout en maintenant des meubles iconiques de la marque. Ce renouvellement régulier de la gamme est une nouveauté dans le milieu de l’ameublement, là où le mobilier était jusque-là transmis de génération en génération et fait pour durer un maximum dans le temps », constatent les autrices du rapport. Elles pointent également des objets de décoration très corrélés à la saisonnalité : Noël, Saint-Valentin, Pâques, etc. Autant d’occasions pour les enseignes de commercialiser de nouveaux produits, « dont la durée d’usage est très courte (quelques semaines ou quelques jours) ».

Or, cette surproduction de biens a des conséquences désastreuses à tous les niveaux, rappellent les associations, que ce soit pour les ressources de la planète, pour les travailleurs au moment de la production, pour la santé des consommateurs et en termes de production de déchets. Pour elles, il faut contraindre les mises en marché de produits neufs, comme ce qui est en train d’être discuté pour les vêtements, et soutenir plus efficacement les solutions de réemploi, « pour limiter une fois pour toutes le gaspillage de ressources dans le secteur de l’ameublement et de la décoration ».

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