Après un cancer du sein, les inégalités sociales se creusent
La qualité de vie est dégradée dans les deux années qui suivent un cancer du sein. - Pexels/CC/RF._.studio
La qualité de vie est dégradée dans les deux années qui suivent un cancer du sein. - Pexels/CC/RF._.studio
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Être atteinte d’un cancer du sein dégrade la qualité de vie au moment du diagnostic, ainsi que dans les deux années qui suivent. Mais cette dégradation est encore plus importante chez les femmes moins favorisées sur le plan économique. C’est ce que démontre une étude menée par une équipe de recherche franco-suisse [1] auprès de 5 900 femmes pendant deux ans, et publiée le 18 juin dans le Journal of Clinical Oncology.
Les chercheurs ont examiné cinq domaines de la qualité de vie : la fatigue, l’état général, l’état psychique, la santé sexuelle et les effets secondaires, en regard de plusieurs indicateurs socio-économiques, tels que le niveau d’études, le revenu du foyer, la situation financière perçue. La combinaison de ces éléments a permis de déterminer un score où 0 indique l’absence d’inégalités. Au diagnostic, les inégalités de qualité de vie entre les deux extrêmes socio-économiques sont notables, avec un score de 6,7. Le score augmente à 11 pendant le traitement, puis se maintient à 10 deux ans après le diagnostic, soit à un niveau plus élevé qu’à l’annonce du diagnostic.
Avoir le temps et l’argent pour prendre soin de soi
« Si on s’attendait à une certaine inégalité au début de la maladie, le fait que ces inégalités augmentent rapidement et perdurent autant constitue une surprise », analyse José Sandoval, oncologue aux Hôpitaux universitaires de Genève et chercheur à l’université de Genève, premier auteur de cette étude. L’impact sur la qualité de vie est beaucoup plus prononcé chez les femmes moins favorisées, quelles que soient les caractéristiques biologiques de leur cancer, leur âge ou le traitement reçu. »
Les causes ne sont pas à chercher au niveau du traitement, puisqu’il est le même pour toutes les femmes. Ces dernières ont en revanche un accès plus difficile à tous les éléments de soutien autour de la prise en charge médicale. « Avoir le temps, l’argent et l’accès à l’information pour prendre soin de soi et trouver des ressources de soutien et mieux gérer les effets secondaires physiques et psychologiques de la maladie sera probablement plus facile pour les femmes de statut socio-économique élevé que pour, par exemple, une mère de famille monoparentale à faible revenu, sans relais pour ses enfants », souligne José Sandoval. Des éléments qui influent sur la maladie et ses conséquences pour la santé physique et psychique des patientes. Les chercheurs concluent que l’oncologie de précision devrait prendre en compte la personne dans son ensemble, y compris dans sa dimension sociale.