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Au CNRS, un label d’excellence fait polémique

Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) serait-il en train de se saborder ? Universités, laboratoires et syndicats constituent un front commun contre l’initiative « Key Labs », portée par la direction du CNRS. Ce projet vise à rediriger les moyens du Centre vers un quart des unités de recherche dites « stratégiques ».

Le 12 décembre dernier, le président-directeur général du CNRS, Antoine Petit, a annoncé que pendant cinq ans, 25 % des unités « qui peuvent légitimement prétendre à être qualifiées de rang mondial » concentreront une grande partie des ressources du CNRS. 75 % des groupes de recherche (54 % des personnels CNRS) seront donc délaissés au profit d’une poignée, sélectionnée « unilatéralement par la direction du CNRS dans la plus grande opacité », selon l’intersyndicale.

Cette logique de survalorisation compétitive est contraire à la politique du secteur : mettre en valeur l’ensemble des disciplines scientifiques et l’interdisciplinarité. Les laboratoires non élus risquent de « dépendre essentiellement des seules universités » en matière de ressources et moyens humains, rappellent les partenaires sociaux. De quoi renforcer leur « asphyxie budgétaire », dans un contexte de rationalisation des moyens de la recherche.

France Universités appelle à un moratoire, et plus de 5 000 chercheurs ont signé une motion de défiance pour l’arrêt immédiat du label et la démission d’Antoine Petit.

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