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En brefPesticides

États-Unis : 1 300 bébés morts à cause de la surutilisation de pesticides

Aux États-Unis, l'effondrement des populations de chauves-souris insectivores a conduit à une baisse de la production agricole et a dû être compensé par une augmentation massive de l'usage d'insecticides.

Dans son édition du 6 septembre, la revue Science apporte une preuve de plus que la santé humaine et la préservation des écosystèmes dépendent l’une de l’autre. Aux États-Unis, l’effondrement des populations de chauves-souris insectivores a conduit à une baisse de la production agricole et a dû être compensé par une augmentation massive de l’usage d’insecticides. Ce qui a eu pour conséquence, dans certains comtés, d’accroître la mortalité infantile. C’est cette démonstration implacable que relaie le journaliste Stéphane Foucart dans Le Monde.

Une augmentation de 8 % de la mortalité infantile

Les estimations de l’économiste de l’environnement Eyal Franck sont impressionnantes. Avec le déclin des chauves-souris, les pertes de revenus et de production pour les agriculteurs se montent à un total de près de 2,7 milliards de dollars (2,4 milliards d’euros) par an entre 2006 et 2017. En moyenne, les comtés touchés voient l’utilisation d’insecticides augmenter de 31 %, les agriculteurs compensant le service de prédation des parasites, offert par les chiroptères. Quant à l’excès de mortalité des nouveau-nés directement imputable à la surutilisation de pesticides, il est évalué à environ 1 300 morts sur les 245 comtés observés dans l’étude. Soit une augmentation moyenne de 8 % de la mortalité infantile.

« Cette recherche s’ajoute à un nombre croissant d’études d’inférence causale suggérant que la pollution environnementale en général, et les pesticides en particulier, ont des conséquences négatives sur les nouveau-nés », écrivent Ashley E. Larsen (université de Californie à Santa Barbara), Dennis Engist et Frederik Noack (université de Colombie-Britannique), dans un commentaire publié par Science.

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