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ReportageLuttes

Greta Thunberg : « C’est important de voir les luttes dans différentes parties du monde »

Greta Thunberg à Bordeaux, le 11 février 2024.

La Suédoise Greta Thunberg a manifesté dans le Tarn et à Bordeaux ce weekend, au sein d’une coordination internationale d’activistes. Ses camarades et elle racontent l’intérêt de leurs liens de solidarité par-delà les frontières.

Bordeaux (Gironde), reportage

Il est midi dans le TGV qui file vers Bordeaux. Quelques heures avant, la coordination internationale d’activistes composée notamment de la Suédoise Greta Thunberg, de la Belge Laurie Pazienza et des Françaises Marie Chureau et Esther Le Cordier, était dans le Tarn pour soutenir la lutte contre l’autoroute A69.

Durant ce week-end extrêmement dense, où la presse les sollicite en permanence, certains d’entre eux s’accordent quelques minutes de répit au wagon-bar, en route pour rejoindre la mobilisation à Bordeaux contre le forage de nouveaux puits de pétrole près d’Arcachon.

Les jeunes activistes internationaux sont allés manifester à Bordeaux en train après la mobilisation contre l’A69. © Alban Dejong / Reporterre

« C’était plutôt facile de mobiliser tout le monde », raconte Amine Messal, 25 ans, qui a mis en place cette coordination internationale, « qu’on soit belges, espagnols, suédois, suisses ou français, on fait face aux mêmes projets destructeurs sur nos territoires », alors que le paysage défile derrière lui. Ces jeunes activistes cumulent des milliers d’abonnés sur les réseaux et se servent de ces canaux pour partager leur mobilisation du week-end.

« C’est super de se voir en vrai », dit la militante belge Laurie Pazienza. « On échange sur les tactiques de lutte et c’est très inspirant pour nous de voir ce qu’il se fait en France, comme hier sur la zad contre l’A69. Cela force le respect et il faudrait multiplier ce type d’occupation partout où des projets destructeurs voient le jour ! En tant que Belge, on en prend de la graine », sourit Laurie, adossée à un siège du wagon-bar en regardant son amie et compatriote Lucie Morauw.

À sa gauche, Amine Messal enchaîne : « La présence de ces militants internationaux nous permet de prendre du recul. Les Belges ou les Suédois étaient choqués du harcèlement des forces de l’ordre hier à la zad contre l’A69. En France, l’utilisation des gaz lacrymogènes devient presque banal dans nos luttes, c’est problématique. C’était par exemple la première fois que Chris [Kebbon, un militant du climat suédois] se faisait gazer hier, ça en dit long sur la répression en France ». Amine Messal a porté la voix de la jeunesse sur les questions climatiques au dernier G7 à Tokyo.

La manifestation bordelaise s’opposait au forage de nouveaux puits de pétrole près d’Arcachon. © Alban Dejong / Reporterre

Durant tout le trajet, la militante suédoise Greta Thunberg a dormi dans son siège en seconde classe. La veille, elle a affronté toute la journée les objectifs et micros de la presse. À son arrivée à Bordeaux, sur le quai de la gare, elle explique à Reporterre l’importance « de voir à quoi ressemblent les luttes locales dans différentes parties du monde. En France, les jeunes ont une approche différente de l’action directe. Je pense qu’il y a des choses dans chaque culture que nous pouvons utiliser ».

« Nous nous soucions du climat et de l’environnement parce que nous nous soucions des personnes »

« C’est très inspirant de voir, dans un contexte aussi désespéré qu’encourageant, le nombre de personnes qui choisissent de passer à l’action » ajoute la Suédoise de 21 ans qui a visité la zad contre l’A69 samedi 10 février, où elle a aussi essuyé des tirs de gaz lacrymogène. Son compatriote Chris Kebbon acquiesce : « Cela force le respect de voir que des gens sont prêts à risquer leur vie pour défendre le vivant, la justice et la démocratie. »

Vêtue de son keffieh palestinien, Greta Thunberg tient aussi à souligner que « la crise climatique, l’injustice sociale, l’oppression et le colonialisme ne sont en aucun cas des luttes isolées ». Elle se dit « solidaire » du peuple palestinien et explique à Reporterre : « Nous nous soucions du climat et de l’environnement, non pas parce que nous nous préoccupons uniquement des arbres, mais parce que nous nous soucions des personnes. Quels que soient les problèmes qui exploitent, oppriment ou tuent les gens, nous nous en soucierons. »

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