Cancer lié aux pesticides : un jardinier indemnisé de manière posthume
Pendant plus de vingt ans, Pascal G. a utilisé quotidiennement des produits phytosanitaires. (photo d'illustration) - Flickr/CC BY-SA 2.0 Deed/Ivan Radic
Pendant plus de vingt ans, Pascal G. a utilisé quotidiennement des produits phytosanitaires. (photo d'illustration) - Flickr/CC BY-SA 2.0 Deed/Ivan Radic
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C’est une réparation tardive, mais nécessaire. Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise (Val-d’Oise) a condamné le 23 mai la ville de Meudon (Hauts-de-Seine) à indemniser de manière posthume Pascal G., un jardinier de la ville qui avait contracté un lymphome — un cancer du système immunitaire — causé par son exposition professionnelle aux pesticides.
Le montant de cette indemnisation a été fixé à 95 200 euros. La commune de Meudon a également été condamnée à verser 28 931 euros à la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) des Hauts-de-Seine. La mairie n’a pour le moment pas réagi. « Je ne sais pas si on peut être vraiment satisfait par rapport à ses souffrances, à sa vie gâchée, mais j’espère que la décision fera jurisprudence », a réagi auprès de l’AFP la sœur de Pascal G.
Immunodéprimé à cause de sa maladie professionnelle, le jardinier paysagiste est décédé du Covid-19 en 2021, à 56 ans. Une expertise médicale mandatée par le tribunal a confirmé en 2023 que « le lien est établi » entre la maladie professionnelle et le décès de Pascal G. De 1985 à 2007, Pascal G. a travaillé comme jardinier pour la ville de Meudon. Pendant plus de vingt ans, il a ainsi utilisé quotidiennement des produits phytosanitaires. Nombre de ces substances chimiques peuvent avoir des effets délétères sur la santé.
En 2007, Pascal G. a déclaré un cancer du système lymphatique à un stade avancé. Après des mois de traitements, son état s’est amélioré. Il s’est alors battu pour faire reconnaître le lien entre son travail et sa pathologie. Il y a un mois, le cabinet d’avocats de Corinne Lepage a lancé une action collective en justice afin d’obtenir des indemnisations pour toutes les victimes des pesticides.
En France, depuis 2014, la loi Labbé proscrit l’usage de produits pesticides par les municipalités.