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Libertés

Censure au quotidien : interdit de critiquer Manuel Valls

C’est une historiette qui en dit long : un service public d’information des citoyens censure une phrase qui critique la position sur l’environnement de Manuel Valls.


Invité par le directeur de La Documentation Française, Xavier Patier, à l’occasion de la sortie d’un petit livre de Pierre-René Bauquis sur les gaz de schiste, à un débat public animé par un journaliste sur le sujet difficile « Transition énergétique et gaz de schiste », j’avais eu le sentiment de pouvoir débattre librement devant les auditeurs et de pouvoir exprimer mes opinions en réponse aux questions du journaliste, des autres invités, ou du public. Je m’en félicitais donc.

Quelle ne fût par conséquent ma stupeur en constatant que la video qui m’en parvint quelques jours plus tard, destinée au grand public, avait été amputée d’une part de mon intervention sans que j’en ai été averti.

A la question du journaliste Jean Lebrun, « Quel conseil donneriez vous à Ségolène Royal qui vient d’être nommée ministre de l’environnement », j’avais répondu sur le même ton, « D’abord de changer de Premier Ministre », car je connaissais le très faible engouement de Manuel Valls pour la question de la transition énergétique, avant de répondre plus en détail sur les diverses priorités et mesures que je préconisais.

Cette réplique a tout simplement disparu de la vidéo.

On aurait pu comprendre que Xavier Patier, présent à la séance, réagisse de vive voix à ce propos. On aurait pu également imaginer qu’après coup, il prenne contact avec l’auteur de ces propos et lui demande l’autorisation de supprimer cette phrase. Mais de tout cela pas question. La Documentation française a tout simplement préféré la censure de propos qui ne lui convenaient pas. Et il n’a pas même pris la peine de répondre à ma demande d’explications malgré plusieurs relances.

Bref un mépris souverain pour la démocratie, pour le citoyen, pour le public auquel il s’adresse de la part d’un office gouvernemental qui se définit pourtant sans complexe sur son site comme « la librairie du citoyen ». Il m’a semblé utile de relever cette dérive pour nos lecteurs au moment où la direction de cet organisme est renouvelée.

Dernière minute : à la suite de la parution de cet article dans Global Chance, La Documentation française m’a signalé qu’elle remettait en ligne l’intégralité de mon intervention.

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