Chalutage dans les aires protégées : deux ONG attaquent l’État
Selon l'ONG Bloom, les chalutiers géants ont passé près de 200 heures en 2024 dans l'aire marine protégée des Bancs de Flandres, au large de Dunkerque. - Dave Robinson / Unsplash
Selon l'ONG Bloom, les chalutiers géants ont passé près de 200 heures en 2024 dans l'aire marine protégée des Bancs de Flandres, au large de Dunkerque. - Dave Robinson / Unsplash
Durée de lecture : 2 minutes
Une semaine après la lettre ouverte à Emmanuel Macron lui demandant une « protection stricte dans au moins 10 % des eaux françaises » et de bannir le chalutage de fond dans les aires marines protégées, les ONG renforcent la pression sur l’État. Deux d’entre elles, l’Environmental Justice Foundation (EJF) et Défense des milieux aquatiques (DMA) ont engagé ce mardi deux recours en contentieux pour interdire le chalutage de fond dans les aires marines protégées.
Car, malgré leur nom, en France, 77 % de ces sanctuaires continuent à être pillés de fond en comble par des chalutiers, selon des données recueillies par EJF. Le chalutage de fond consiste à racler le plancher océanique avec de lourds engins tractés. Cette technique de pêche est considérée comme la plus destructrice au monde pour la biodiversité selon la communauté scientifique. En laissant libre cours à ces activités, les ONG estiment que l’État ne respecte ni le droit français ni le droit européen et y voient un « abus de pouvoir ».
C’est pourquoi EJF et DMA ont saisi le Conseil d’État pour l’aire marine protégée de Chausey (Manche) et le tribunal administratif de Rouen pour celle des Bancs de Flandres (au large de Dunkerque). Dans cette dernière zone, les chalutiers géants y ont passé près de 200 heures en 2024 d’après une étude publiée par l’ONG de défense des océans Bloom.
Charge désormais à l’exécutif français de combler le « fossé entre la rhétorique et l’action », estiment les ONG. D’autant plus que la France accueillera à Nice en juin la troisième conférence des Nations unies pour l’océan (Unoc).