La majorité des aires marines supposément « protégées » ne le sont pas du tout
Un chalutier en mer du Nord. - © Ifremer/CC BY-NC 4.0 Deed/Olivier Dugornay
Un chalutier en mer du Nord. - © Ifremer/CC BY-NC 4.0 Deed/Olivier Dugornay
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Lors de la COP15 biodiversité, en 2022, la communauté internationale s’est fixé pour objectif de protéger au moins 30 % des océans d’ici 2030. Problème : dans le monde, la majorité des aires marines supposément « protégées » ne le sont pas du tout.
C’est ce que montre une étude publiée le 9 mai dans la revue scientifique Conservation Letters. L’équipe de scientifiques a évalué les cent plus grandes aires marines protégées de la planète, qui couvrent 7,3 % de la superficie des océans. Leurs résultats sont désolants : un quart d’entre elles sont dépourvues de réglementation ou de plan de gestion spécifiques, et plus d’un tiers autorisent des activités industrielles incompatibles avec la protection des écosystèmes, notamment la pêche industrielle.
« Cela fait presque 60 % de ces aires marines protégées dont on ne peut attendre aucun bénéfice », a déclaré à Libération l’un des auteurs de cette étude, Joachim Claudet, directeur de recherche au CNRS, rattaché au Centre de recherches insulaires et observatoire de l’environnement (Criobe).
L’étude souligne également que les plus grandes aires marines protégées se situent de manière disproportionnée dans les zones reculées et les territoires d’outre-mer de certains États. Cette technique permet aux gouvernements de gonfler artificiellement le nombre de leurs aires marines protégées, tout en évitant d’éventuels conflits avec les acteurs économiques dans les zones les plus abîmées par les activités humaines.
La France ne fait pas figure d’exception. Le pays, qui possède le second plus grand domaine maritime mondial, se targue de protéger plus de 33 % de ses eaux. Mais « l’écrasante majorité de ces aires est de protection extrêmement faible et ne réglemente pas les activités à fort impact, comme la pêche industrielle », regrette Joachim Claudet dans Libération.