Charlie, le clown que n’aimait pas la police

Durée de lecture : 2 minutes

23 juillet 2016 / Isaline Bernard (Reporterre)

Insurgée, rebelle et clandestine : ainsi que se définit la CIRCA (Clandestine Insurgent Rebel Army). Composée de clowns activistes, elle tente de détendre l’atmosphère entre civils et policiers lors de manifestations. Pas toujours simple, comme en témoigne l’histoire de Charlie, racontée en diaporama.

Imitations de CRS, mimes, musique, tout est bon pour lancer les rires. Souvent altermondialistes, les clowns activistes réalisent des happenings afin d’alerter la population sur les conséquences de la société de consommation et du réchauffement climatique. Mais ces artistes contestataires montrent également leurs convictions lors de manifestations. En pleine rue, ils tentent de désamorcer des situations parfois tendues entre forces de l’ordre et manifestants. En tête de cortège, ils créent une « zone tampon » lors d’événements connus pour dégénérer.

C’est le cas de Charlie, 25 ans. Installé à Paris, le clown bourlingue entre Toulouse et la capitale. Pour lui, marcher de Bastille à République ne rime à rien. Le garçon se tourne alors vers le clown activisme. Une façon pour lui d’ « éveiller les gens à toutes les questions politiques ».

Après quelques actions publiques, Charlie se rend à Sivens. « J’étais déjà un peu sensible aux questions de l’environnement, j’en avais vaguement entendu parler et les clowns sont souvent présents sur les Zad ». Le 1er novembre 2014, l’insurgé se rend à Toulouse pour rendre hommage à Rémi Fraisse, victime de violences policières. Charlie, surnom que portent tous les clowns, se retrouve au mauvais endroit au mauvais moment. Voici son témoignage.

Clown activiste-Isaline Bernard-juin 2016 from Reporterre on Vimeo.

Le jeune homme prend aujourd’hui du recul sur cet événement. « Dans une manifestation classique, les violences desservent la cause. Elles ne servent que l’État qui va chercher à ce que le mouvement soit décrédibilisé médiatiquement par des soi-disant casseurs. » Il ajoute : « Cela permet aux CRS de taper dans le tas et arrêter plein de personnes. » Après une garde à vue et quelques jours en prison, Charlie est passé en comparution immédiate. Une situation qu’il regrette aujourd’hui. Il n’a pas eu le temps de préparer sa défense et est condamné à 6 mois de prison dont 4 avec sursis.

Après avoir manqué son premier rendez-vous, Charlie n’a pas réussi à rencontrer le Juge d’Application des peines. Il risque aujourd’hui 6 mois de prison ferme et 1.950 € d’amende en cas de contrôle d’identité.


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Lire aussi : A Paris, la police interdit de rire - c’est vrai !

Source : Isaline Bernard pour Reporterre

Diaporama et photo : © Isaline Bernard/Reporterre

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