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En brefDéchets nucléaires

Cigéo : Bure n’accueillera pas le débat public sur les déchets radioactifs

Manifestation à Nancy contre le projet Cigéo à Bure, en septembre 2019.

Le projet Cigéo prévoit d’enfouir à 500 mètres sous terre, à Bure (Meuse), « 99 % de la radioactivité française », selon les mots de Julie Dumont, présidente de la commission particulière du débat public (CPDP) sur le plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs (PNGMDR). Pourtant, le débat public sur ce plan, qui s’ouvre le 10 octobre pour quatre mois, ne comptera aucun atelier territorial sur place. « Aujourd’hui, Bure cristallise des tensions que vous n’ignorez pas, a justifié Mme Dumont. Nous avons pu échanger avec les membres du Clis [comité local d’information et de suivi], et certains nous ont clairement indiqué que nous n’étions pas les bienvenus. »

Contactée par Reporterre, Corinne François, de Bure Stop 55 et membres du Clis, a en effet jugé qu’« un nouveau débat n’est qu’un affichage et une perte de temps, tant qu’il n’est pas organisé de manière à ce que tous les participants soient sur un pied d’égalité, avant que les décisions ne soient prises ». D’autres membres du Clis ont également exprimé une « grande lassitude » liée à la durée du processus.

Le contexte est d’autant plus tendu que l’ancienne gare de Luméville, rachetée par des opposants au projet, sera expulsable à partir du 11 octobre. En effet, elle se situe sur le tracé projeté de la voie ferrée que l’Andra souhaite construire entre Gondrecourt et Cigéo. En outre, l’avis final de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) sur la demande d’autorisation de Cigéo, une étape cruciale pour le projet, est attendu pour mi-novembre.

Des débats locaux seront en revanche organisés dans d’autres lieux du territoire liés aux déchets radioactifs — Cadarache, Soulaines, autour de l’ancien site minier des Bois Noirs (Loire) et La Hague. Sont aussi prévus des webinaires thématiques, un « tribunal pour les générations futures » organisé avec le média Usbek & Rica, et plusieurs travaux d’un panel citoyen de 20 personnes tirées au sort — 10 femmes et 10 hommes—, « de tous âges et horizons ».

Créé en 2006 et porté par la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC), le PNGMDR « vise à organiser une gestion responsable et durable des matières et déchets radioactifs, quelles qu’en soient les origines », a rappelé Mme Dumont. Actualisé tous les cinq ans, le plan qui fait aujourd’hui l’objet d’un débat public est son sixième volet, couvrant la période 2027-2031.

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