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Courses de voiliers : déjà trois collisions au cours de l’Arkea Ultim Challenge

L'Ultim Arkéa d'Anthony Marchand, ici avant le début de la course, a rapporté une collision avec un « objet flottant non identifié ».

Les zones d’exclusion mises en place pour éviter les collisions entre les cétacés et les voiliers de course engagés dans l’Arkéa Ultim Challenge sont-elles insuffisantes ? Depuis le début de ce tour du monde en solitaire à la voile, le 7 janvier, trois collisions entre des bateaux et des « objets flottants non identifiés » ont eu lieu.

Les équipes des skippers concernés — Tom Laperche, Anthony Marchand et Eric Péron — n’ont pas répondu aux questions de Reporterre sur la nature des éléments marins touchés, ou nous ont expliqué ne pas avoir « d’indication ». « Entre le moment de la collision et la réaction du skipper […] il se passe plusieurs secondes pendant lesquelles le bateau avance à plus de 40 km/h », nous a écrit l’équipe du navigateur Anthony Marchand.

Les dangers des foils

Si des containers perdus ou des tronçons de bois flottants peuvent être à l’origine des chocs, il arrive régulièrement que des requins, des baleines ou des cachalots meurent sous les foils — des ailerons permettant de « voler » au-dessus de l’eau — des navires ultra-rapides, révélait Reporterre dans une enquête.

Tout en reconnaissant qu’il est impossible de déterminer avec certitude l’origine des chocs ayant affecté les coureurs de l’Arkea Ultim Challenge, le collectif de navigateurs écolos La Vague dénonce, dans un communiqué, une « omerta » : « En off, sur d’autres courses passées, des équipes reconnaissent avoir retrouvé un morceau de cétacé sur un voile de quille, ou carrément un cétacé encastré sur un foil. Étant donné que l’on veut garder une image propre et que les sponsors ne veulent pas être associés à cette image-là, on n’en parle pas. »

Afin de concilier course au large et respect des habitants de l’océan, le collectif propose de limiter la vitesse et la taille des navires, notamment de leurs foils. « L’admiration du public nous oblige à être responsable, à être à la hauteur de l’image de courage et d’humilité incarnée par les navigatrices et navigateurs, écrivent-ils. Notre sport n’est qu’un jeu, un divertissement, il ne justifie pas de porter atteinte aux animaux marins. »

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