Crise climatique : la justice allemande reconnaît la responsabilité des énergéticiens
Saúl Luciano Lliuya, natif des Andes péruviennes, avait engagé une action en justice dès 2017. - © Luka Gonzales / AFP
Saúl Luciano Lliuya, natif des Andes péruviennes, avait engagé une action en justice dès 2017. - © Luka Gonzales / AFP
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Les énergéticiens ont une responsabilité mondiale dans les dégâts causés par le changement climatique, auquel ils contribuent via leurs émissions de carbone, selon la justice allemande. C’est ce qu’a établi la cour d’appel de Hamm, en Allemagne, le 28 mai. Elle rendait son jugement concernant la plainte d’un paysan péruvien contre l’énergéticien allemand RWE.
Saúl Luciano Lliuya, natif des Andes péruviennes, avait engagé une action en justice dès 2017, comme le racontait alors Reporterre. Il voulait contraindre RWE à payer pour compenser le risque d’inondation auquel sa famille et sa communauté étaient exposées, en raison de la fonte d’un glacier, lui-même provoqué par le réchauffement du climat.
Le jugement de la cour comporte deux conclusions distinctes. D’une part, elle a rejeté la plainte de Saúl Luciano Lliuya, car « la collecte de preuves a montré qu’il n’y avait pas de danger concret pour son terrain ». Mais elle a donné raison au plaignant sur le principe d’une indemnisation de préjudice climatique, si celui-ci devait être démontré. Si un risque est établi, « l’émetteur de CO2 peut être tenu de prendre des mesures » pour empêcher qu’il ne se concrétise, a indiqué le tribunal dans son communiqué, rapporté par l’Agence France-Presse.
Bien que RWE n’ait pas d’activité au Pérou, l’industriel, plus gros producteur d’électricité en Allemagne, est fortement émetteur de gaz à effet de serre, en raison de son exploitation de centrales à charbon, et participe ainsi au changement climatique partout dans le monde. Le tribunal a rejeté l’argument de la distance entre le Pérou et les activités de RWE, actant de la responsabilité mondiale des énergéticiens, et notamment de ceux des pays du Nord, sur les dégâts souvent subis par les pays du Sud. Une « décision de principe historique », s’est réjouie l’ONG Germanwatch dans un communiqué.