Crise énergétique : les superprofits des géants pétroliers s’échappent vers les paradis fiscaux
Raffinerie de pétrole dans le Minnesota, aux États-Unis. - Pexels/CC/Tom Fisk
Raffinerie de pétrole dans le Minnesota, aux États-Unis. - Pexels/CC/Tom Fisk
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Une partie des superprofits des géants pétroliers provoqués par la flambée du prix du pétrole s’échappe vers les paradis fiscaux. C’est ce que dévoile une étude publiée le 7 avril par l’Observatoire international de la fiscalité, le laboratoire de recherche dirigé par l’économiste Gabriel Zucman — auteur de la proposition de taxe sur les ultrariches — au sein de l’École d’économie de Paris.
Selon cette note révélée par Le Monde, les groupes pétroliers, miniers et les raffineurs déclarent en temps normal 0,12 dollar dans les paradis fiscaux pour chaque dollar de profit réalisé. Mais lorsque le prix des matières premières explose, cette part passe à 0,20 dollar.
Les autrices de cette étude ont examiné les chiffres de 77 multinationales de l’extraction actives entre 2016 et 2023. Elles constatent que « si 76 % de leurs bénéfices sont déclarés dans les pays où elles extraient, le quart restant se répartit entre les économies en aval [les pays de consommation] et les juridictions à faible fiscalité ».
Selon leurs observations, les multinationales utilisent les mécanismes intragroupes pour y déplacer une part plus grande de leurs profits lors des phases de hausse du cours des matières premières, mais leurs filiales « n’absorbent pas les pertes correspondantes lors des phases de repli ». Cela expliquerait pourquoi les taxes exceptionnelles sur les bénéfices des multinationales extractivistes rapportent souvent moins que les prévisions des gouvernements.