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En brefÉnergie

Décarbonation des sites industriels : les aides de l’État ratent leur cible

Une vue de l'usine sidérurgique d'ArcelorMittal installée à Grande-Synthe, près de Dunkerque.

Les aides de l’État destinées à sortir les gros sites industriels des énergies fossiles n’ont été consommées qu’aux deux tiers, d’après un bilan de la Cour des comptes. Sur les 3,4 milliards d’euros mis sur la table depuis 2019, dans le cadre du plan de relance et du programme France 2030, seuls 2,2 milliards d’euros ont été attribués et 356 millions déjà dépensés.

Les magistrats financiers dressent un bilan « contrasté » de ces aides, qui n’ont « pas encore atteint [leurs] objectifs ». Ils les jugent globalement efficaces, pour les sites qui affichent la volonté (et l’opportunité) de se décarboner, en se tournant vers l’électricité, l’hydrogène ou d’autres mécanismes (capture et stockage du carbone, combustion de biomasse, sobriété).

Mais toute une partie de l’industrie tarde encore à prendre ce virage. Sur les 50 gros sites industriels, qui représentent à eux seuls 58 % des émissions du secteur, « seule une vingtaine ont reçu des aides sur la période 2020-2024 », note la Cour des comptes.

C’est notamment le cas d’ArcelorMittal à Dunkerque, qui avait obtenu une subvention de l’État de 850 millions d’euros (la plus grosse aide), mais ne les a finalement pas touchées, faute de pouvoir mettre en place les mesures concrètes de décarbonation nécessaires au déblocage des aides. Les seules aides publiques n’ont donc pas suffi à avoir un effet incitateur. Et les mécanismes visant à renchérir le prix du carbone (marché carbone), ne sont pas non plus suffisants pour les forcer à opérer une réelle bascule.

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