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Des actions se sont déroulées partout en France contre Amazon et le Black Friday

Durée de lecture : 21 minutes

29 novembre 2019 / Camille Martin (Reporterre)

Ce vendredi 29 novembre, dans toute la France, des activistes ont organisé des actions de blocage de grandes enseignes et d’entrepôts du géant de la distribution Amazon. Ils luttent ainsi contre le Black Friday, opération commerciale dévastatrice pour l’environnement. Reporterre a suivi en direct ces mobilisations.

Nous avons clos ce direct, merci de l’avoir suivi. Vous trouverez un résumé de cette journée dès demain sur Reporterre.


- Bordeaux, 16 h 45 — Les militants qui bloquaient l’Apple Store ont été délogés par les forces de l’ordre.


- Paris La Défense, 16 h 30 — Après avoir perturbé l’activité du centre commercial Les 4 Temps, sans parvenir à à bloquer et fermer durablement les boutiques, les 200 militants se sont dirigés vers l’Apple Store, déjà bloqué par une vingtaine d’activistes. Les esprits s’échauffent quand ils décident de bloquer les clients du magasin, qui forcent le passage. Les CRS arrivent en nombre. Une partie des activistes est nassée près de la boutique, les autres se dirigent vers Auchan.


- Les grèves pour climat en France — Les marches auraient réuni une centaine d’étudiants ce matin à Bayonne ou à Avignon et une cinquantaine à Bourges. La marche nantaise, elle, a débuté à 15 h et rassemblé plus d’un millier d’étudiants, comme celle de Toulouse ou celle de Marseille, qui a réuni 800 personnes sur l’avenue de la République.

À Annecy, quelques dizaines de militants Youth For Climate ont organisé un die-in dans le centre commercial de Courrier et ainsi perturbé le passage des clients.

À Paris, le mouvement Youth For Climate a plutôt opté pour une action de désobéissance civile.

« Les manifestations monstres de la jeunesse n’ont pas fait réagir le gouvernement et Emmanuel Macron. Face à l’inaction, il serait criminel que nous ne fassions rien. Alors nous passons à l’action, notamment par la désobéissance civile », a déclaré la branche parisienne du mouvement.

- Et dans le monde ? — Le vendredi 29 novembre est aussi le jour de la quatrième grève mondiale pour le climat, à laquelle des dizaines de milliers de jeunes ont participé à travers le monde. C’est l’Australie — marquée par d’importants incendies depuis plusieurs mois — qui a donné le coup d’envoi des grèves. Des centaines de jeunes se sont notamment rassemblés, à Sydney, devant le siège du parti conservateur.

Le compte Twitter de Greenpeace, géré ce vendredi par les élèves à la tête de la journée mondiale d’action climatique, donne un aperçu de la forte mobilisation des jeunes. Ils étaient nombreux en Asie du Sud-Est par exemple, comme en Thaïlande, en Inde ou aux Philippines.

À Madrid, en amont de la COP 25 débutant le lundi 2 décembre, un groupe de sept militants de Greenpeace a escaladé l’échafaudage du bâtiment de la Gran Vía, l’une des artères principales de la capitale espagnole, et déroulé une pancarte géante dans la matinée. D’autres groupes se sont installés dans les vitrines des magasins Mango ou de la Fnac.

En Belgique, sept villes participent à l’initiative mondiale dont Bruxelles.

Enfin, comme en France, des militants — ceux d’Attac, en Autriche — ont bloqué des locaux d’Amazon.


- Paris La Défense, 15 h 50 — Près de 200 militants se déplacent, ensemble, dans les allées du centre commercial, en chantant. En passant, ils forcent les boutiques à baisser leur rideau.


- Bordeaux, 15 h 20 — Contre le Black Friday, les actions sont nombreuses, partout en France. À Bordeaux, des militants de Youth For Climate bloquent un magasin Apple. Ce matin, à Strasbourg, 25 boutiques n’ont pas pu ouvrir leurs portes. Leurs serrures ont été collées ou coincées avec des clés cassées à l’intérieur. La police scientifique fait actuellement le tour de la ville. À Clermont-Ferrand, un sit-in a été organisé dans un hall commercial, au centre Jaude.


- Paris La Défense, 15 h — Une centaine de jeunes militants enthousiastes, dont beaucoup de mineurs, défilent encore dans le supermarché. « Ne nous regardez pas, rejoignez-nous ! », chantent-ils. Les gens continuent leurs achats.


- Brétigny-sur-Orge (Essonne), 14 h 40 — Pour exiger la libération de leurs camarades interpellés lors du blocage de l’entrepôt Amazon, ce jeudi 28 novembre, des militants se sont donnés rendez-vous devant le commissariat d’Arpajon.

Un rassemblement est prévu toute la journée. Dans un communiqué, EELV demande la libération des militants en garde à vue depuis plus de 20 heures.

Crédit : Tweet d'Action Climat Paris.

- Lille — L’action de blocage se fait en lien avec des syndicalistes d’Amazon. La CGT, Sud et FO ont appelé à faire grève ce vendredi 29 novembre pour « dénoncer le climat ultra-répressif instauré par la direction. En effet, en à peine, un mois, Amazon à Lauwin-Planque a sanctionné à tour de bras », écrivent-ils dans un communiqué. Le bilan : sept mises à pied dont deux licenciements. « Nous ne sommes pas du bétail », concluent les syndicalistes.


- Paris La Défense, 14 h — Les activistes ont apporté des vêtements, des peluches, qu’ils ont étendu sur le sol du centre commercial et sont offerts aux passants. Des cordons de policiers empêchent l’accès à cette « gratuiterie », comme l’appelle Eska, d’Extinction Rebellion : « On dit au gens d’arrêter de consommer et on leur apporte une alternative, mais personne ne peut se servir, déplore-t-il. La police préfère défendre les grandes enseignes. »

Les activistes, pas assez nombreux pour tenir des positions, s’attellent à bloquer plusieurs boutiques sur leur passage. Actuellement, Sephora, C&A ou encore Promod ont baissé le rideau. Des clients sont à l’intérieur et continuent leurs emplettes. « Et un et deux et trois degrés, et un de plus, pour Black Friday », chantent les activistes.

Un activiste, qui débranchait des guirlandes, est appréhendé par la Bac. Ses affaires sont fouillées et un policier le raille sur ses vêtements « fabriqués avec des matières toxiques ». « Que de la recup’ ! Vous voulez que je me mette à poil ? », répond l’activiste. La Bac le laisse s’en aller. À l’étage du centre commercial, des policiers filment les activistes restants dans le centre commercial.


- Le coût écologique du Black Friday — Comme le détaille Reporterre, rien qu’à Paris, 2,5 millions de colis sont distribués par jour lors de cet événement commercial — soit dix fois plus que d’ordinaire — ce qui entraîne embouteillages et pics de pollution.

Plus globalement, la fabrication et le transport des produits textiles et électroniques représentent près du quart des émissions totales de gaz à effet de serre en France. Pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C à la fin du siècle, il faudrait réduire par dix les mises en marché
de produits textiles et environ par trois celles des produits électroniques d’ici 2030. En France, 39 vêtements et 12,5 produits électroniques sont mis sur le marché par an et par habitant.


- Paris La Défense, 13 h 15 — La police entre sans heurts dans le centre commercial et se positionne au niveau des portes de l’entrée principale pour s’assurer qu’elles restent dégagées. Pendant ce temps, le père Noël prend des photos avec les clients du magasin.

Les activistes se meuvent en chantant, dans le magasin, au milieu des nombreux consommateurs. Le centre commercial est noir de monde.



- Angers (Maine-et-Loire), 13 h — Dans le centre-ville, des activistes d’Extinction Rebellion et de Youth For Climate bloquent des grands enseignes comme Zara et la Fnac.



- Paris La Défense, 12 h 50 — Une trentaine d’activistes se sont postés devant le fast food Burger King en scandant « Fermez ! ». Le restaurant ferme sa grille. À l’intérieur, les clients continent de manger leur sandwich tranquillement en regardant l’action.
« Arrêtez de crier, il y a des enfants », dit un employé. « C’est pour leur futur », répondent les activistes au mégaphone. Une mère pose ses mains sur les oreilles de son bébé.



- Paris La Défense, 12 h 40 — Les rangs des activistes de Youth for Climate et d’Extinction Rebellion se sont un peu garnis. Ils sont une centaine dans toute la zone commerciale mais les clients continuent d’aller et venir. Les boutiques ne désemplissent pas, sauf à proximité immédiate des points de blocage où elles sont partiellement fermées. « Cette action là permet de rappeler qu’il est urgent de repenser nos modes de vie, de consommer », dit Marcus, d’Extinction Rebellion.

« Aujourd’hui, je vais perdre 6.000 euros, ça fait un an que j’ai un Smic et maintenant je suis patron d’une boutique, dit Alexandre. Faites un truc qui change les choses, créez des sociétés pour recycler les bio-déchets, bossez. Il y a des manières intéressantes de produire. Regardez vos vêtements neufs, de marque, moi ça fait un an et demi que je n’en ai pas acheté. Changez déjà vos manières de consommer vous mêmes. Vous vivez dans quel monde, vous vivez dans quel rêve ? La liberté des uns commence là où s’arrête celle des autres. »

Il tance une manifestante : « Ta décoloration, elle ne pollue pas peut-être ? » « C’est vegan ! », rétorque-t-elle.

« Je vais perdre 6.000 euros », assure Alexandre, patron d’une boutique.

Toutes les boutiques ferment leurs grilles, la brigade anti-criminalité (Bac) est sur les lieux. L’intervention policière est imminente. Au moins une dizaine de cars de CRS sont postés devant l’entrée principale du centre commercial.


- Assemblée nationale — Ironie du calendrier, les premières discussions sur la loi économie circulaire, texte phare du gouvernement en matière de consommation, se tiennent aujourd’hui en plein Black Friday au sein de la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable. « Malgré l’ambition affichée, les premières discussions de ce texte sont particulièrement décevantes », notent les Amis de la Terre dans un communiqué

« Les députés ont rejeté ce matin l’amendement qui proposait de réduire le niveau de production de produits neufs proposés à la vente. Ils ont refusé le moratoire sur l’extension des entrepôts de l’e-commerce et les zones commerciales. Ils n’ont pas voulu interdire le renvoi des invendus au recyclage... », écrivent-ils.

Pour Alma Dufour, chargée de campagne aux Amis de la Terre : « Si les discussions en plénière, prévues pour les jours à venir, confirment cette tendance, la mandature d’Emmanuel Macron sera définitivement marquée par le sceau du double discours. »


- Saint-Priest, 12 h 25 — Des militants présents au blocage tirent le bilan de cette action de blocage. Éric, d’ANV-Cop 21, assure que « le mouvement est dans une stratégie de massification avec l’objectif de ramener le plus de personnes vers les crises sociales et environnementales. Bien sûr, l’impact est surtout médiatique. Bloquer Amazon pendant quatre heures, c’est une goutte d’eau. Mais cela permet de montrer aux travailleurs d’Amazon que d’autres personnes s’intéressent à leur condition de travail, qu’il y a une solidarité. Surtout que ce sont des gens précaires, racisés, alors que les gens présents ce matin étaient principalement de la classe moyenne blanche. » Pour Céline, la trentaine, « ce qui est important c’est que l’action s’inscrive dans un cadre national pour faire pression sur le gouvernement ».


- Brétigny-sur-Orge (Essonne) — Pour rappel, les huit activistes d’ANV-Cop 21, arrêtés hier lors de l’action à l’entrepôt Amazon de Brétigny sont toujours en garde à vue pour entrave à la circulation et organisation de manifestation non-déclarée.

- Paris La Défense, 12 h 20 — Les tensions sont toujours très vives, les clients en viennent au main pour passer les lignes de blocage et poursuivre leurs achats. « Non violents ! », crient les activistes. « Ils sont pénibles, trente minutes qu’on attends », dit une cliente, qui ne comprend pas pourquoi « ces quelques bobos » la « privent de se déplacer comme [elle] l’entend ». Un mur d’incompréhension se dresse entre les « Black Friday » et les « Block Friday ». « Écologie libérale, enfant du capital », chantent les militants. « Mais qu’est-ce qu’ils racontent ceux là ? » rigole un couple, qui filme la scène. « Et un et deux et trois degrés », embrayent les activistes, dont une bonne partie sont mineurs. Fatigués d’être bousculés, ils laissent désormais passer les consommateurs.

À l’intérieur des magasins c’est calme plat. Les gens font leurs achats normalement.


- Rennes, 12h — Les dernières évacuations des militants d’Extinction Rebellion ont été effectuées devant les Galeries Lafayette. Au moins deux personnes ont été arrêtées. Les Galeries n’ouvriront pas aujourd’hui.

- Toulouse, 12 hDes militants d’Attac ont bloqué les consignes Amazon : « Un locker qui disparaît, c’est une librairie qui renaît ! » , avec comme slogan.

Des militants d'Attac ont bloqué les consignes Amazon.

À Nantes, quatre casiers destinés à stocker les colis d’Amazon ont été mis hors service, ainsi qu’à Montpellier.

À Nantes. Crédit : Attac.

- Paris La Défense, 11 h 50 — Au cœur du centre commercial, une trentaine d’autres activistes bloquent le passage des clients. Un livreur, avec un chariot, perd patience : « Je suis payé au rendement, mon temps c’est de l’argent, ce que vous faites me mets en danger. » Il s’emporte et lance son charriot sur la ligne d’activiste avant de faire demi-tour. Les boutiques du cœur du centre commercial (Adidas, Flying Tiger, Orange...) sont fermées.



- Paris La Défense, 11 h 40 — Les tensions entre clients et activistes sont de plus en plus vives. Jimmy a forcé le barrage militant pour entrer. Les activistes l’applaudissent, moqueurs :
— « Bravo, vous allez pouvoir consommer. »
— « Je ne sais même pas pourquoi ils me bloquent, et ils me méprisent comme ça... Je fais ma vie, le Black Friday pour des étudiants c’est l’occasion de s’acheter des vêtements à moitié prix, ce n’est pas négligeable ».
Une activiste s’approche et lui donne un tract expliquant l’action. « On se bat contre l’orgie de consommation », dit-elle. « Pourquoi vous ne bloquez pas l’Élysée ? Visez le cœur, pas le pied », rétorque Jimmy, sacs à la main, avant d’aller faire les boutiques.



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- Saint-Priest, 11 h 20 — Pause déjeuner pour les militants. « Les premières expulsions sur la porte arrière ont été plus violentes. Les policiers ont traîné les activistes dans la boue. Les militants étaient déterminés. Ils ont refait trois fois le blocage. » Hélène, street medic, est âgée d’une cinquantaine d’années : « En 20 secondes j’ai vu deux poignets tordus, j’ai pris un coup de matraque sur mon crâne alors que je suis medic. On compte plusieurs entorses au poignet, un coquard et des hématomes. Les forces de l’ordre ont usé de gaz lacrymogène sur la porte arrière. »

Crédit Bastien Doudaine.

- Paris La Défense, 11 h 05 — Une trentaine d’activistes et des dizaines de journalistes viennent de faire irruption au centre commercial Les 4 temps, à La Défense. « Travaille, consomme, et ferme ta gueule, c’est le seul message qu’on donne aux jeunes », chantent les militants d’Extinction Rebellion et de Youth For Climate France. Une poignée de policiers sont déjà sur les lieux.

Juliette : « Les publicitaires nous ciblent, nous conditionnent à des besoins toujours plus superflus. Ce n’est plus possible, aujourd’hui, de consommer tant de ressources. »



« Le Black Friday, c’est encore une incitation supplémentaire à nous faire consommer, consommer et encore consommer, dit Juliette, 16 ans et lycéenne. Les publicitaires nous ciblent, nous conditionnent à des besoins toujours plus superflus. Ce n’est plus possible, aujourd’hui, de consommer tant de ressources. »

Les activistes sont trop peu nombreux pour bloquer réellement les entrées et sorties, et toutes les boutiques restent ouvertes.

- Saint-Étienne (Loire), 10h55 — Des militants écologistes se mobilisent devant une consigne Amazon dans un centre commercial Auchan.

(photo ANV-Cop21 Saint Etienne)


- Saint-Priest, 10 h 50 — Maximes Combes, porte-parole d’Attac explique les raisons de cette mobilisation : « On veut soutenir et rendre visible la colère sociale contre l’emprise des multinationales. On ne demande pas à Amazon de changer, on demande aux politiques de les forcer à payer et que l’on arrête de leur dérouler le tapis rouge. »

- Saint-Priest, 10 h 40 — Les deux groupes de militants se sont rejoints et entament une marche ensemble, encadrés par les forces de l’ordre qui les éloignent du site d’Amazon. Celui-ci reste fermé : aucun camion ne rentre ni ne sort. La manifestation stationne à une centaine de mètres de l’entrepôt bloqué par un cordon de CRS.

- Paris, 10 h 40 — Trop de policiers devant les grands magasins du quartier de l’Opéra : les activistes écologistes ne peuvent mener les actions envisagées.

(Photo Irina Anghel)

- Saint-Priest (Rhône), 10 h 30 — Les forces de l’ordre expulsent les militants assis par terre devant l’entrée principale du site d’Amazon. Une première expulsion s’est produite devant la porte secondaire il y a une heure. À 10 h 30, les CRS ont complètement dégagé les entrées de l’entrepôt.

(Photo ©Bastien Doudaine)

- Rennes, 10h26 — Nassage et évacuation en cours à Rennes à l’encontre des bloqueurs des Galeries Lafayette. Ils seraient près de 200, estime un militant.

(Photo Extinction Rebellion Rennes)



- Lille, 10 h 15 - Depuis près d’une heure, une centaine de militants dont des membres d’ANV-Cop 21 bloquent l’entrepôt d’Amazon de Lauwin-Planque.

(photo ANV-Cop21)


- Rennes, 10 h 10 — Blocage des Galeries Lafayette à Rennes (photo Extinction Rebellion Rennes).


- Saint-Priest (Rhône), 10 h 00 — Devant l’entrée principale du site d’Amazon, l’ambiance est aux chants festifs en soutien aux manifestants nassés une centaine de mètres plus loin. Mais cinq camions de CRS viennent d’arriver. « Le carnaval va commencer », souffle un manifestant. « Il vont nous charger bientôt », pense un autre.


- Saint-Priest (Rhône), 9 h 50 — L’évacuation se poursuit. Au premier portail, les militants suivent l’action sur leur téléphone.

En marge de l’entrée, les militants discutent avec les convoyeurs bloqués, et leur présentent les motivations derrière leur geste. Employé par Amazon, Samir* explique « comprendre le geste, mais il faut aussi que vous compreniez que nous a on a besoin de ce travail ».


- Saint-Priest (Rhône), 9 h 40 — Les policiers évacuent brutalement les militants.


- Saint-Priest (Rhône), 9 h 35 — Lors de la seconde sortie de camions du site d’Amazon, les forces de l’ordre ont entrepris le déblocage. Au microphone, une militante scande : « La police doucement, on fait ça pour vos enfants ». Tout autour, les accès à la zone sont bloqués par la police, empêchant autres activistes et journalistes d’y accéder.



- Rennes, 9 h 10 — À Rennes, sur la vitrine des Galeries Lafayette, les militants d’Extinction Rebellion affichent contre la surconsommation.



- Saint-Priest (Rhône), 9h05 -Des armblock (bloqueurs de bras), ont été mis en place pour éviter de se faire expulser trop rapidement par les forces de l’ordre.


- Clichy (92), 8 h 40 — Une action menée par des dizaines d’activistes, à l’initiative d’Attac, est en cours. Ils bloquent, depuis 7 h 30 ce matin, le siège d’Amazon à Clichy. « En ce Black Friday, nous voulons un vendredi noir pour Amazon, communique Attac sur son compte Twitter, pour dénoncer son évasion fiscale ainsi que ses méfaits environnementaux et sociaux. »

À l’arrivée des activistes, la police était présente, armée de LBD et de sprays lacrymogènes, au sein même de l’enceinte. Les militants se sont donc installés devant les grilles.

L’euro-députée La France insoumise Manon Aubry, le directeur général de Greenpeace François Julliard ou encore Elsa Faucillon, députée du Parti communiste, sont présents et ont pris la parole.


- Saint-Priest (Rhône), 7 h 30 — À l’entrepôt d’Amazon de Saint-Priest, en périphérie de Lyon, un blocage vient de commencer.

À quelques heures du début du Black Friday, les militants lyonnais d’Attac, d’Extinction Rebellion, de Greenpeace, d’ANV Cop 21, et de Youth for climate ont décidé de mener cette action pour « dénoncer la surproduction et l’injonction à la consommation ». Selon les organisateurs, 209 militants sont mobilisés sur le site. Une dizaine de policiers sont également présents, renforcés par une dizaine de CRS et cinq camionnettes.

Alex, un activiste, explique être là afin de « déconstruire le mythe d’Amazon qui créé des emplois alors que ce sont des jobs précaires. La plupart des citoyens ont aussi consciences des méfaits climatiques d’Amazon ». En écho à ces paroles, des chauffeurs de camionnettes de transport klaxonnent et lèvent le pouce en signe de soutien aux militants.

L’action est également menée « dans le cadre de la loi économie circulaire qui sera discuté en l’assemblée nationale en plénière à partir 9 décembre », détaille Adrien, d’ANV-Cop 21.

- Jeudi 28 novembre, 20 h — Des militants d’Extinction Rébellion ont mené une campagne d’affichage dans les XVe, XVIe arrondissements de Paris et à Boulogne-Billancourt près des magasins, points de passage et centre commerciaux pour dénoncer le Black Friday.



- Jeudi 28 novembre, 18 h — À la veille du Black Friday, une centaine de militants d’Action non-violente Cop 21, les Amis de la Terre et des Gilets jaunes ont bloqué l’entrepôt d’Amazon à Brétigny-sur-Orge (Essonne). Les activistes demandent au gouvernement et aux députés de prendre des mesures contre la surconsommation et pour l’arrêt de l’expansion d’Amazon en France.

Devant l’entrepôt Amazon de Bretigny-sur-Orge, jeudi 28 novembre.

Des bottes de paille et des vieux appareils électroménagers ont été déposés pour empêcher les mouvements des camions. Sur une banderole déployée sur le site, les activistes ont apposé : « Pour le climat, pour l’emploi, stop expansion, stop surproduction. »

Les activistes ont été délogés par les forces de l’ordre en fin d’après-midi et huit d’entre eux ont été placés en garde à vue.


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Source : Camille Martin, pseudo collectif de Reporterre, aujourd’hui composé de Alexandre-Reza Kokabi et de NnoMan, en région parisienne, et de Moran Kerinec, à Lyon, avec Victor Chaix en veille sur les réseaux sociaux, et Hervé Kempf, Gaspard d’Allens et Elsa Bastien à l’édition.

Photos :
. La Défense : © NnoMan/Reporterre
. Saint-Priest : © Moran Kerinec/Reporterre
. autres : sources indiqués dans l’article.

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