Des organismes vivants découverts à plus de 9 000 m de fond
Une aggrégation de bivalves vesicomyidae, à 5743 mètres de profondeur dans l'océan Pacifique. - © Institute of Deep-sea Science and Engineering, CAS (IDSSE, CAS)
Une aggrégation de bivalves vesicomyidae, à 5743 mètres de profondeur dans l'océan Pacifique. - © Institute of Deep-sea Science and Engineering, CAS (IDSSE, CAS)
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La vie s’épanouit aux endroits où on l’attend le moins. Dans les tréfonds de fosses de l’océan Pacifique, dans une zone si profonde qu’on la qualifie de « hadale » (du dieu grec Hadès, le maître des enfers), des scientifiques ont trouvé des communautés « florissantes » de vers tubicoles et de mollusques. Leurs résultats sont publiés le 30 juillet dans la revue Nature.
Identifiés entre 5 800 et 9 533 m de profondeur, ces êtres vivent non pas de la photosynthèse — comme une grande partie des organismes terrestres — mais de la chimiosynthèse. Leurs apports en énergie ne proviennent pas de la lumière du Soleil, mais de molécules d’hydrogène sulfuré ou de méthane s’échappant des failles des plaques tectoniques.
L’équipe de chercheurs internationaux a fait cette surprenante découverte lors d’une expédition à bord d’un véhicule submersible habité, le Fendouzhe. Les vers tubicoles et mollusques ainsi observés s’étendent sur une distance de 2 500 km, le long des fosses des Kouriles-Kamtchatka et des Aléoutiennes, dans le nord-ouest du Pacifique. Il s’agit des communautés basées sur la chimiosynthèse les plus profondes et les plus étendues connues à ce jour sur notre planète.