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Europe

Des pays de l’Est et les banques s’opposent aux nouveaux objectifs climatiques de l’Europe

Le Premier ministre tchèque Andrej Babiš menace d’opposer son veto à l’objectif de l’Europe de devenir le premier continent climatiquement neutre au monde d’ici à 2050. Sa voix s’ajoute à celles des détracteurs du projet, toujours plus nombreux.

Dans une lettre adressée à Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, Andrej Babiš a cependant déclaré qu’il pourrait encore changer d’avis en échange d’un soutien financier accru de l’Union européenne et de meilleures conditions d’investissement pour l’énergie nucléaire.

Le financement de nouvelles centrales nucléaires est également une question prioritaire pour la Pologne, l’un des derniers États membres à s’opposer à l’objectif de neutralité climatique proposé par l’UE pour 2050.

Lors du dernier sommet européen en octobre, Varsovie a fait savoir qu’elle ne souscrirait à l’objectif 2050 que si les montants des fonds prévus dans le cadre du prochain budget à long terme de l’UE étaient « nettement » revus à la hausse.

Les résistances existent aussi au niveau régional. Le 5 décembre, lors d’un entretien entre Frans Timmermans, le vice-président de la Commission européenne responsable du « Green Deal » et des élus locaux, ceux-ci ont mis en garde contre l’adoption d’objectifs climatiques « irréalistes » pour 2030. L’objectif de réduire, d’ici à cette date, les émissions de gaz à effet de serre de 50 à 55 % risque de nuire aux entreprises locales, a déclaré Cor Lamers, le maire de la ville de Schiedam, aux Pays-Bas.

Opposition du secteur bancaire

La révolte gronde également dans le secteur bancaire, où la Commission européenne préconise un programme sur la finance durable. Celui-ci inclut une taxonomie de classification qui fait l’objet d’âpres débats et vise à récompenser les investissements dans les technologies propres.

La Commission européenne a dévoilé le 8 mars son plan d’action tant attendu sur la finance durable, qui clarifiera la définition d’investissements écologiques et réduira potentiellement les exigences de fonds propres pour les détenteurs d’actifs.

Mais « des banques solvables et rentables » sont une condition sine qua non au développement des financements verts, a déclaré José Manuel Campa, président de l’Autorité bancaire européenne, chargée de la réglementation bancaire. «  Si accorder des prêts dans le cadre de l’économie verte comporte un certain risque, les banques ont besoin de disposer de suffisamment de fonds propres pour faire face à ces risques », a-t-il souligné lors d’un entretien avec Euractiv, ce qui pourrait porter un coup au projet de la Commission de soutenir le financement vert.

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