Devoir de vigilance : le Parlement européen vote la victoire des multinationales
Cette directive rendait les multinationales juridiquement responsables de leurs conséquences sociales et environnementales à travers le monde. - Wikimedia Commons/CC BY 2.0/Håkan Dahlström
Cette directive rendait les multinationales juridiquement responsables de leurs conséquences sociales et environnementales à travers le monde. - Wikimedia Commons/CC BY 2.0/Håkan Dahlström
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Le Parlement européen a été le théâtre d’un vote climaticide. Les eurodéputés ont adopté le 13 novembre le paquet législatif Omnibus, qui détricote la directive sur le devoir de vigilance des entreprises. Cette innovation historique ratifiée en 2024 rendait les multinationales juridiquement responsables de leurs conséquences sociales et environnementales à travers le monde.
Adopté par 382 élus contre 249, le texte démantèle des pans entiers de la législation, notamment les plans de transition climatique et la responsabilité civile. Il a été rendu possible par l’alliance inédite entre la droite conservatrice et l’extrême droite européennes.
Ce vote est le fruit d’un lobbying intense « menée par plusieurs multinationales, dont TotalEnergies, ExxonMobil, la Fédération bancaire française ou encore Siemens, avec l’appui direct de l’administration Trump et du Qatar », explique Swann Bommier, responsable du plaidoyer de l’ONG Bloom. Pour l’ONG, il s’agit d’un « tournant historique : la victoire du lobby pétrolier et de puissances étrangères sur le projet européen du Green Deal ».
Le texte va désormais faire l’objet de négociations ouvertes en trilogue entre la Commission européenne, le Conseil de l’Union européenne et le Parlement européen.