Diesel à plus de 2 €/L : les géants pétroliers enregistrent des bénéfices exceptionnels
Au 23 mars, le montant à la pompe dans l’Union européenne affichait 2,06 €/L pour le diesel, soit une augmentation de 49 centimes par litre en comparaison à la période précédant la guerre au Moyen-Orient. - Pxhere / Creative Commons by CC0
Au 23 mars, le montant à la pompe dans l’Union européenne affichait 2,06 €/L pour le diesel, soit une augmentation de 49 centimes par litre en comparaison à la période précédant la guerre au Moyen-Orient. - Pxhere / Creative Commons by CC0
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Jamais une telle hausse n’avait été observée depuis l’invasion de l’Ukraine par l’armée de Vladimir Poutine. Débutées il y a un mois, les frappes militaires étasuniennes et israéliennes ont engendré un bond colossal des prix du pétrole brut. Au 23 mars, le montant à la pompe dans l’Union européenne affichait 2,06 €/L pour le diesel, soit une augmentation de 49 centimes par litre en comparaison à la période précédant la guerre au Moyen-Orient. « Remplir un réservoir de 55 litres de diesel coûte désormais près de 27 € de plus qu’avant », précise la fédération Transport & Environnement (T&E).
Dans un rapport publié le 27 mars, ce réseau d’une cinquantaine d’ONG européennes dévoile en outre que seuls les consommateurs en paient l’addition. Bien mieux lotis, les géants pétroliers s’apprêtent eux à engranger des bénéfices exceptionnels aux dépens des automobilistes : pas moins de 24 milliards d’euros pour les raffineurs et les distributeurs opérant principalement au sein de l’UE, et 45 milliards d’euros pour les producteurs de pétrole brut et les pays producteurs de pétrole.
« La souffrance des automobilistes profite aux compagnies pétrolières »
La même dynamique s’était produite en 2022, au déclenchement de la guerre en Ukraine. « Les compagnies pétrolières, et notamment les raffineurs, n’avaient pas seulement répercuté la hausse des coûts des intrants, ils avaient aussi accru leurs marges », détaille T&E. De quoi voir tripler les bénéfices du raffinage dans l’Union, entre 2021 et 2022.
« Une fois de plus, la souffrance des automobilistes profite aux compagnies pétrolières, déplore Daniel Quiggin, conseiller principal en politiques chez T&E. Ces dernières ont tout intérêt à maintenir l’Europe dépendante des énergies fossiles, car ce sont elles qui bénéficient des flambées des prix. » Face à la répétition de ce scénario, il appelle les Vingt-Sept à instaurer une taxe sur les superprofits et utiliser les fonds générés pour aider les Européens à devenir moins vulnérables aux futurs chocs pétroliers.