Discours de Lecornu : les Verts exaspérés
Le Premier ministre Sébastien Lecornu le 14 octobre 2025 lors de son discours de politique générale. - © Thomas Samson / AFP
Le Premier ministre Sébastien Lecornu le 14 octobre 2025 lors de son discours de politique générale. - © Thomas Samson / AFP
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Suspension de la réforme des retraites, renouvellement de sa promesse de ne pas utiliser l’article 49.3 de la Constitution... Le Premier ministre Sébastien Lecornu a tenté de donner des gages lors de sa déclaration de politique générale mardi 14 octobre. Le discours, efficace, a duré une trentaine de minutes.
Point fort de son intervention, il a annoncé qu’il proposerait dès cet automne au Parlement de suspendre la réforme des retraites jusqu’en janvier 2028. « Aucun relèvement de l’âge » (actuellement à 62 ans et 9 mois) ni de la durée de cotisation (170 trimestres) n’aura lieu jusqu’en janvier 2029.
Il a également annoncé qu’il proposerait en décembre un projet de loi actant une nouvelle étape de la décentralisation. « Il faut décentraliser des responsabilités, a-t-il dit. C’est une formidable occasion de repenser complètement notre planification écologique et énergétique. » Cela a été sa seule évocation des enjeux écologiques au cours du discours.
Il a promis une « nouvelle pratique du pouvoir », qui sera « partagé avec le Parlement ». Il n’a ainsi cessé de marteler au cours de son discours que « le gouvernement proposera, nous débattrons, vous voterez ».
« Le simple respect du vote du Parlement est devenu une innovation démocratique »
Les présidents des groupes parlementaires ont ensuite pris la parole. « Le simple respect du vote du parlement est devenu une innovation démocratique », a dit, exaspérée, Cyrielle Châtelain, présidente du groupe écologiste et social à l’Assemblée nationale. « Je n’ai pas vu la question environnementale, [celle] de la biodiversité au cœur des priorités », a-t-elle aussi remarqué. « Les vagues de chaleur, les inondations... Aujourd’hui, ne pas agir de manière ferme contre le changement climatique, c’est laisser prospérer ces calamités environnementales. » Elle a annoncé que son groupe censurerait le gouvernement.
Marine Tondelier, secrétaire nationale des écologistes, a réagi sur BlueSky : « Sébastien Lecornu a réussi à faire pire que François Bayrou, en ne mentionnant pas une seule fois ni la crise climatique ni l’effondrement de la biodiversité. »