EDITO - Allons enfants de la fratrie

Durée de lecture : 2 minutes

12 janvier 2015 / Hervé Kempf (Reporterre)



"Pour tous les enfants de la terre
Chantons amour et liberté.
Contre toutes les haines et les guerres
L’étendard d’espoir est levé
L’étendard de justice et de paix."

On avait réfléchi, hésité, discuté. Et puis, comme l’a dit Jean-Pierre, « On ne choisit pas toujours ses amis, fussent-ils des amis d’un jour. Il faut distinguer l’essentiel de l’accessoire ». Et on a été au rassemblement de dimanche. L’essentiel, c’était de manifester, au sens propre du terme, que la liberté est le coeur de l’existence humaine, et l’essence de cet être commun que l’on appelle la France.

Ce sentiment, on l’a senti vibrer, tout au long de l’après-midi, dans le silence et dans la gravité qui frissonnaient au long des boulevards et des places, on l’a lu sur les milliers de panonceaux, on l’a entendu dans la douceur étrange avec laquelle les gens se parlaient, dans la bonne humeur, le soir place de la Nation.

C’était gai, c’était jeune, c’était vieux, c’était tous.

Et puis, plusieurs fois, cette Marseillaise. Des mots étranges, cette musique si familière, ce symbole si puissant. Et la foule chantait, plusieurs fois, pour dire ce que les paroles du chant de 1792 ne disent pas. Pour dire que l’on veut changer d’époque.

Alors, si je voulais retenir une idée, un acte, une marque que cette journée du 11 janvier est un vrai tournant, c’est que l’on change ces paroles, que l’on abandonne les étendards sanglants aux assassins, qu’on arrête de croire qu’il peut y avoir un sang impur, que l’on ensemence les sillons de la paix dans laquelle, durant un dimanche illuminé, des millions d’êtres humains ont voulu communier.

Cette nouvelle Marseillaise, elle existe, elle a été chantée. Ecoutons :


la nouvelle marseillaise par makdamassakr

La Marseillaise

Pour tous les enfants de la terre
Chantons amour et liberté.
Contre toutes les haines et les guerres
L’étendard d’espoir est levé
L’étendard de justice et de paix.

Rassemblons nos forces, notre courage
Pour vaincre la misère et la peur
Que règnent au fond de nos cœurs
L’amitié la joie et le partage.

La flamme qui nous éclaire,
Traverse les frontières
Partons, partons, amis, solidaires
Marchons vers la lumière.

2005, Graeme Allwright - Sylvie Dien
Texte libre de droit, offert par les auteurs, à distribuer sans modération.

Diffusée aussi par Julien Bayou





Source et photo : Hervé Kempf pour Reporterre.

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