EDITO - Plein succès pour la Rencontre de Reporterre. Si, la politique intéresse les gens !

Durée de lecture : 4 minutes

7 octobre 2014 / Hervé Kempf (Reporterre)



Plein succès pour la Rencontre de Reporterre du 6 octobre ! Merci à toutes et à tous, désolé pour ceux qui n’ont pu entrer, et bientôt récit et video sur le site. Reconstruire la politique, avec l’écologie au coeur, on continue, en fourmis, en colibris, en lions...


On l’a fait ! La rencontre de Reporterre a été un succès. Salle pleine, paroles fortes, dynamique citoyenne, musique enjouée : le pari que nous avons lancé a été gagné. Oui, on peut réfléchir ensemble à la politique, oui, les citoyens ont des choses à dire et ont envie d’entendre, oui les politiques peuvent écouter et réellement discuter, oui nous pouvons nous ressaisir de la chose publique, ensemble.

Qu’un tout petit site comme nous - car, sachez-le, nous ne sommes qu’un misérable colibri dans l’univers médiatique peuplé d’ogres et de géants - parvienne à monter un événement rassemblant plus de six cent personnes en dit long sur l’envie profonde de politique, de changement, d’intelligence, de générosité qui parcourt l’époque. Il ne manque pour qu’elle s’épanouisse et irrigue la Cité, au fond, que des tribunes libres, la volonté de reconstituer l’agora, d’ouvrir le Forum, d’appeler les intelligences et les âmes à participer, pour le destin commun, au coeur de ce qu’est la démocratie : la délibération collective.

Il est trop tôt pour tirer des leçons de l’événement. Sur le compte twitter de Reporterre, vous pouvez relire un déroulement de la soirée. Demain, on vous en livrera un premier compte-rendu. Et dans quelques jours, une restitution video sera en ligne, pour tous ceux qui n’ont pas pu venir.

Nous n’avons voulu qu’amorcer une dynamique, inciter les politiques et les citoyens à coopérer pour avancer, faire notre travail de colibri. Nous continuerons à verser nos gouttes d’eau, et nous réjouissons que bien d’autres, aussi, apportent et vont apporter leur effort au salut commun.

Un grand merci à toute l’équipe de Reporterre, un grand merci au Théâtre Dejazet qui nous a accueilli, un grand merci aux Amis de Reporterre qui se sont joints à l’aventure, un grand merci aux intervenant(e)s politiques qui se sont prêtés au jeu et y ont apporté toute leur énergie. Que ceux qui n’ont pu rentrer - la salle était pleine - nous excusent. Merci, aussi, à ceux et à celles qui le pourront de contribuer financièrement à soutenir l’aventure d’un média libre, et à payer cette soirée, pour la réalisation de laquelle nous avons engagé des frais.

On va continuer ! A informer, à débattre, à réfléchir, à proposer. Et les politiques aussi, vont continuer, au-delà de cette soirée, à coopérer et à avancer. On les accompagnera, avec vous, « si vous le voulez bien »...

Quelques mots, pour conclure, ceux que j’ai eu l’honneur de prononcer, hier soir, en ouverture de la Rencontre :


Même si on ne l’aime pas, la politique, même si elle trahit, même si tant d’élus sont les marionnettes du capitalisme, nous pensons qu’il n’est pas possible de déserter le champ de la politique institutionnelle. Il reste des marges de manœuvre et d’action.

Si nous les abandonnons, ce sont MM. Sarkozy ou Valls, ou Mme Le Pen qui l’occuperont totalement. Qu’on le veuille ou non, le pouvoir reste le pouvoir, et s’en détourner conduirait à un régime autoritaire, qui éteindrait tout espoir de transformation écologique.

C’est pourquoi l’équipe de Reporterre a décidé de se lancer dans cette Rencontre : nous faisons notre geste de colibri, parce que nous voyons qu’il y a le feu à la forêt démocratique.

Nous espérons réveiller les éléphants, les rhinocéros, les perroquets, les lions, de la politique, qu’ils s’unissent face au péril commun,

Et aussi et surtout, les fourmis et les souris que sont les citoyens. Car le pire, dans la politique, serait de l’abandonner aux politiques.

Edgar Morin nous l’a dit : les politiques doivent écouter ce que dit le mouvement social, ce que disent les alternatifs, tous ceux qui inventent un nouveau monde, tous ceux aussi qui se battent au Testet, aux Mille Vaches ou à Notre Dame des Landes. Mais il dit aussi que tous ceux-là doivent s’unir, et ne pas rester dans leur petit royaume.

Ce qu’il faut, en fait, aujourd’hui, c’est s’engager. Avec la politique, en-dehors de la politique, par la politique. Et avec l’écologie, qui est la grande idée, la plus forte, qui peut faire face au capitalisme autoritaire qui veut régner en maitre et continuer à dévaster le monde.





Source : Hervé Kempf pour Reporterre

Photo : Fourmis au travail transportant des feuilles (Pixabay.


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