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Elles se mettent en cage pour alerter sur le sort des animaux

Durée de lecture : 2 minutes

11 octobre 2018 / Sarah Hadrane (Reporterre)

Mercredi, à Paris, le CIWF a lancé une initiative citoyenne européenne pour faire interdire l’élevage en cage. Hommes et femmes politiques de tous bords ont pris la parole, quand des militants ont sensibilisé les passants au sort des animaux en s’enfermant dans des cages.

  • Paris, reportage

Dans la matinée du 10 octobre, place de la République, le CIWF (Compassion in World Farming) a lancé une initiative citoyenne européenne, une première en France, pour faire interdire l’élevage en cage. Si l’initiative recueille en un an un million de signatures de citoyens de l’Union européenne venant d’au moins sept pays membres, la Commission européenne sera dans l’obligation de prendre position sur cette question.

Au milieu des hommes et des femmes en cage, plusieurs personnages publics ont décidé d’élever la voix. Parmi eux les eurodéputés Yannick Jadot (Europe Écologie Les Verts), Guillaume Balas (Génération.s), les députés Éric Diard (Les Républicains), Bastien Lachaud (France insoumise), Anne-Laurence Petel (la République en marche) et Olivier Falorni (non inscrit). « Prendre en compte le bien-être animal n’est plus une option, c’est devenu une nécessité tant économique, environnementale que sociétale », a affirmé Claire Hincelin, responsable de communication de CIWF France.

« C’est mauvais pour notre santé et abominable pour les animaux ! » 

99 % des truies, 97 % des poules et 69 % des lapins élevés en France le sont comprimés dans des cages bien trop minuscules. Ces conditions de vie affaiblissent les animaux, également gorgés d’antibiotiques et qui se retrouvent dans nos assiettes. Selon Yannick Jadot, « c’est la négation de la sensibilité des animaux et à travers cette négation, on retrouve la négation de notre humanité, avec la résistance aux antibiotiques, la malbouffe et la disparition des éleveurs. C’est mauvais pour notre santé et abominable pour les animaux ! »

Yannick Jadot, aux côtés de Léopoldine Charbonneaux, la directrice du CIWF, et de Bastien Lachaud, député France insoumise, explique la nécessité de prendre en compte la cause de l’élevage en cage. « Les consommateurs sont prêts, les industriels sont prêts, il ne manque plus que le courage des politiques. »

Cette négation de la sensibilité des animaux a des conséquences sur la biodiversité, puisqu’elle est également en partie responsable de l’extinction des espèces et de la destruction de la végétation. En Amérique latine, des forêts sont rasées pour installer d’immenses parcs animaliers ou pour cultiver des champs de soja, à seule fin de fournir de l’alimentation pour bétail.

« La France se contente d’appliquer au minimum les réglementations européennes », explique Claire Hincelin, alors que d’autres pays vont de l’avant : la Belgique, par exemple, s’est engagée à faire disparaître l’élevage en cage en 2025. La Suède et le Danemark ont interdit cette pratique pour les truies et, au Luxembourg, ce sont les poules qui bénéficient d’une remise de peine.

L’initiative citoyenne a donc été lancée. Le CIWF demande aussi aux Français d’écrire au Commissaire européen chargé de la sécurité alimentaire, de solliciter leur gouvernement et, surtout, d’acheter des produits d’élevage hors cage.

« L’empathie est une qualité humaine, pourrions-nous couper la queue de notre chien ou enfermer notre chat dans 3 cm2 ? Moi je ne pourrais pas », dit une militante à travers sa cage.
Éric Diard exprime à son tour son désaccord avec l’élevage intensif en cage. « La torture est quotidienne, irresponsable du point de vue des animaux et de notre propre identité. »
« Humain, soit humain ! » crie une militante enfermée dans une cage toute la matinée.
Un stand est à disposition pour permettre aux passants de s’informer, de signer la pétition et de prendre des prospectus afin de relayer l’information.
Des associations comme One Voice et Welfarm sont également présentes aux côtés des députés et des membres de CIWF. « Les associations ont mis au cœur du débat public la souffrance animale depuis des années », affirme Yannick Jadot.

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Source : Sarah Hadrane pour Reporterre

Photos : © Sarah Hadrane/Reporterre



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