En Amérique du Sud, les terres des afrodescendants parmi les moins touchées par la déforestation
Les terres de la forêt amazonienne appartenant aux populations afrodescendantes sont moins touchées par la déforestation et abritent plus de biodiversité que la moyenne. - Flickr / CC BY-NC-SA 2.0 / The French Travel Photographer
Les terres de la forêt amazonienne appartenant aux populations afrodescendantes sont moins touchées par la déforestation et abritent plus de biodiversité que la moyenne. - Flickr / CC BY-NC-SA 2.0 / The French Travel Photographer
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En Amérique du Sud, les terres gérées par les communautés afrodescendantes — c’est-à-dire ayant des ancêtres africains victimes de la traite transatlantique des esclaves ainsi que des migrants plus récents — sont moins dégradées que les autres. Elles sont beaucoup moins déforestées et contiennent bien plus de biodiversité que la moyenne des autres terres. C’est ce que met en lumière une étude inédite menée sur le sujet, publiée le 22 juillet dans la revue Nature Communications Earth & Environment.
Les chercheurs ont étudié les terres gérées par des populations d’afrodescendants au Brésil, en Colombie, au Suriname et en Équateur. Dans ces quatre pays, ces populations détiennent des droits sur la gestion de 9,9 millions d’hectares, soit à peine 1 % des terres. Mais le constat est éloquent : dans les zones protégées, les terres d’afrodescendants sont 29 % moins déforestées que les autres ; et 36 % dans les zones non protégées. Concernant la biodiversité, plus de la moitié (56 %) des terres gérées par ces populations sont dans les 5 % des terres qui la préservent le mieux.
Les chercheurs notent que les populations afrodescendantes possèdent une culture de la gestion durable de leurs terres qui remonte notamment à l’époque où certains de leurs ancêtres réduits en esclavage se sont échappés, trouvant refuge dans les forêts denses, les marais et mangroves. Ils y ont développé des méthodes durables d’agriculture, comme celle de la forêt nourricière, intégrant des savoirs traditionnels africains et les adaptant à leur nouvel environnement.
Cette étude a été menée par des chercheurs de l’ONG Conservation internationale, qui plaide pour une meilleure reconnaissance des populations indigènes dans les négociations internationales sur le climat et la biodiversité et la prise en compte de leur précieuse expérience pour préserver l’environnement. Une étape symbolique a été franchie en 2024 lors de la Convention des Nations unies sur la diversité biologique (COP16), qui a reconnu le rôle des afrodescendants et encourage leur participation aux COP. Elle appelle à des actions similaires à celles dont ont besoin les peuples autochtones, « dont la gestion environnementale [...] manque de reconnaissance de façon similaire ». Les statistiques concernant la déforestation sur les terres gérées par ces communautés ne sont pas données dans l’étude.