En Belgique, un millier d’activistes ont bloqué plusieurs sites de TotalEnergies
Les activistes de Code Rouge ont bloqué une voie ferrée menant à un dépôt de TotalEnergies, en Belgique, samedi 26 octobre. - © NICOLAS MAETERLINCK / BELGA / AFP
Les activistes de Code Rouge ont bloqué une voie ferrée menant à un dépôt de TotalEnergies, en Belgique, samedi 26 octobre. - © NICOLAS MAETERLINCK / BELGA / AFP
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En Belgique, l’édition 2024 du mouvement Code Rouge contre l’industrie fossile s’en est pris à TotalEnergies. Un site du groupe a été bloqué pendant 30 heures près de Bruxelles tandis que 270 activistes ont été arrêtés à Anvers.
« Total, la planète n’est pas à toi ! » Les 26 et 27 octobre, un millier de personnes s’en sont pris à TotalEnergies, lors de la sixième édition de Code Rouge, une action menée en Belgique contre l’industrie des énergies fossiles. Les militants ont visé deux sites de la multinationale, l’un en Wallonie, à Feluy, et l’autre en Flandre, dans le port d’Anvers.
Durant trente heures et dans une ambiance festive, 700 personnes ont occupé le dépôt de carburant TotalEnergies de Feluy, à une quarantaine de kilomètres au sud de Bruxelles, et ont quasiment mis à l’arrêt ses activités. Pour ce faire, un rond-point stratégique et une voie ferrée ont été bloqués.
Les activistes ont toutefois dû ruser pour rejoindre leur point de ralliement : les sites Engie et TotalEnergies étaient en alerte maximale, et le gouverneur de la province du Hainaut, où se trouve Feluy, a pris un arrêté pour interdire toute manifestation à proximité de ces sites.
« Ils ont essayé de bien intimider les gens »
« Je connais des activistes qui ont marché 18 km. Beaucoup se sont levés à 1 heure ou 2 heures du matin, pour jouer au chat et à la souris », raconte Zagon [*] membre de l’organisation. Des arrestations préventives ont été par ailleurs menées à Bruxelles en début de semaine, et des opérations de contrôle poussées ont eu lieu, d’après plusieurs témoins. « Ils ont essayé de bien intimider les gens. Tu sortais du métro, il y avait trente flics », s’exclame l’activiste.
Les activistes ont d’eux-mêmes levé le camp le dimanche matin, sans qu’aucune arrestation n’ait été signalée durant ces trente heures d’occupation. « Cette action est maintenant terminée, mais nous continuerons à nous mobiliser pour mettre un terme à la pollution et l’exploitation systémiques de l’industrie fossile. Tant que cela n’aura pas changé, nous reviendrons », a déclaré dimanche 27 octobre Éveline Van Engelen, l’une des porte-parole de Code Rouge. TotalEnergies avait déjà était ciblé par Code Rouge il y a deux ans.
À Anvers, 100 % d’arrestations
Du côté d’Anvers, le site TotalEnergies situé dans le port a fait l’objet d’un blocage durant six heures ce samedi. Un groupe a bloqué une route vers la raffinerie afin de ralentir l’intervention des policiers, et un autre groupe a bloqué la raffinerie.
Les manifestants ont été délogés de la raffinerie aux alentours de 16 heures. 270 activistes, la totalité des présents, ont été arrêtés. En plus des militants, deux journalistes français et sept observateurs légaux ont également été interpellés. Parmi ces derniers, un avocat joint par Reporterre, qui raconte : « À la fin, la police se tourne vers nous, et nous dit “on vous arrête aussi”. »
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« Nous avons été mis dans un bus, direction une espèce de grand commissariat à Bruxelles, avec de grandes cellules collectives, poursuit cet observateur. Dans mon cas, je me suis fait une entorse en courant pour rejoindre les activistes, et la police ne m’a pas laissé voir de médecin. Ils m’ont balancé en t-shirt dans la cellule. La police d’Anvers ne nous a rien donné. Dès que la police bruxelloise a repris le flambeau, là, ils ont appelé une ambulance. »
Cette répression n’est pas inédite : la dernière action de Code Rouge à Anvers — l’aéroport de la ville avait été visé décembre 2023 — s’était aussi soldée par l’arrestation des observateurs légaux, et de près de 500 personnes.
« En Flandre, c’est assez systématique. Tous les observateurs légaux y ont été arrêtés, pas en Wallonie », ajoute l’avocat. Des violences policières avaient aussi été dénoncées à l’aéroport d’Anvers l’an passé. « C’était pire l’année passée. Comme la presse était là, ils avaient honte », estime Zagon.