Plus il y a de pesticides, moins il y a d’oiseaux, confirme une étude
Une alouette des champs (Alauda arvensis) est l'une des victimes de l'agriculture intensive (et de la chasse). - Wikimedia / CC BY-SA 4.0 / El Golli Mohamed
Une alouette des champs (Alauda arvensis) est l'une des victimes de l'agriculture intensive (et de la chasse). - Wikimedia / CC BY-SA 4.0 / El Golli Mohamed
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Plus la quantité de pesticides vendus sur un territoire est importante, plus les effectifs des oiseaux y sont faibles. L’impact est généralisé : il concerne les espèces d’oiseaux spécialistes des milieux agricoles, mais aussi les espèces généralistes qui viennent se nourrir dans ces milieux. C’est la conclusion d’une étude scientifique publiée le 14 janvier dans la revue Proceedings of the Royal Society B.
Dans le détail, les chercheurs ont croisé les achats locaux de 242 substances actives avec l’abondance de 64 espèces d’oiseaux communs présentes dans les terres agricoles cultivées. Résultat : les achats de plus grandes quantités de pesticides sont liés pour 84,4 % des espèces d’oiseaux étudiées à des plus faibles effectifs de celles-ci.
La France présente « un terrain d’étude unique »
Les scientifiques insistent sur la force de cette corrélation, même après avoir pris en compte les autres sources de pression agricole sur les oiseaux (mécanisation accrue, agrandissement des exploitations et diminution des prairies permanentes, réduction des couverts semi-naturels, usage d’engrais…).
Le Muséum national d’Histoire naturelle, dont les chercheurs ont dirigé l’étude, explique dans un communiqué avoir pu établir cette corrélation inédite grâce à la mise à disposition récente des données sur les ventes de pesticides, détaillées par code postal, via la Banque nationale des ventes de produits phytopharmaceutiques par les distributeurs agréés.
Le manque de données fiables sur les pesticides était jusqu’à présent un frein majeur pour démontrer l’effet de ces substances sur les oiseaux. Mais, depuis la Loi sur l’eau et les milieux aquatiques de 2006, la France présente « un terrain d’étude unique », se réjouissent les chercheurs. Leurs données ont aussi été confortées par l’utilisation d’une base de données indépendante sur les résidus de pesticides dans les eaux de surface.
Les pesticides peuvent nuire aux oiseaux soit directement, par intoxication, soit indirectement, en réduisant les populations d’insectes dont ils se nourrissent, pas exemple. En 2021, une étude alertait déjà sur la perte de 30 % des populations d’oiseaux en France en seulement trente ans.