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En brefOcéans

« Enfin ! » : le traité de protection de la haute mer entre en vigueur

« Nous disposons enfin des outils nécessaires pour protéger cette partie extraordinaire de notre planète »

C’est une étape « historique » pour la protection de l’océan, applaudissent les ONG dédiées à sa protection. Samedi 17 janvier, le traité sur la haute mer (BBNJ) entrera officiellement en vigueur. Les eaux internationales — qui couvrent plus de 60 % des océans, et ne faisaient jusqu’à présent l’objet d’aucune réglementation — disposeront enfin d’un cadre juridiquement contraignant, au sein duquel leur sauvegarde pourra être négociée.

Ce traité faisait l’objet d’âpres négociations depuis le début des années 2000. Adopté en 2023, il a obtenu ses 60 ratifications nécessaires en septembre, ouvrant la voie à son entrée en vigueur. 81 des 145 États signataires l’ont désormais ratifié. Une première Conférences des parties (COP), similaires à celles organisées chaque année pour le climat, devrait être organisée d’ici fin 2026. « Nous disposons enfin des outils nécessaires pour protéger cette partie extraordinaire de notre planète », a réagi dans un communiqué Rebecca Hubbard, directrice de la High Seas Alliance.

Création d’aires marines protégées dans les eaux internationales

Si ce texte charrie autant d’espoir, c’est parce qu’il ouvre notamment la voie à la création d’aires marines protégées dans les eaux internationales, où la pêche, non-régulée, est souvent destructrice. À l’heure actuelle, seulement 0,9 % de la haute mer est préservée de la pêche industrielle, alors que le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal préconise de sanctuariser 30 % des océans.

La tâche des négociateurs des futures COP Océans sera herculéenne : pour atteindre cet objectif, les membres des Nations unies devraient protéger plus de 12 millions de km2 chaque année durant les cinq prochaines années, soit plus que la superficie du Canada.

Partage des ressources marines

Le traité prévoit également un système pour partager de manière équitable les bénéfices des « ressources marines génétiques », c’est-à-dire le matériel génétique tiré des animaux, des végétaux, des champignons et des microbes que l’on trouve dans les grands fonds, et qui suscitent l’appétit des entreprises pharmaceutiques et chimiques.

L’accord édicte également des règles quant aux activités économiques (aquacoles, par exemple) conduites en haute mer. Les entreprises qui souhaitent en lancer devront, au préalable, réaliser des études environnementales. Cette partie du texte est la « moins ambitieuse », signalait en 2023 à Reporterre la chercheuse Klaudija Cremers, de l’Iddri. « Ce sont les États qui seront en charge de décider si les entreprises ont bien rempli leurs obligations et qui donneront l’accord final. Beaucoup d’acteurs environnementaux estiment qu’un organisme indépendant aurait été préférable. »

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