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En brefOcéans

Fonds marins : le plancton mortellement menacé par l’exploitation minière

Salpe à larges bandes (Soestia zonaria), organismes gélatineux planctoniques (illustration).

Matrice de la vie en mer, le plancton est mortellement menacé par l’exploitation minière des fonds marins. C’est ce que révèle une étude publiée le 6 novembre dans la revue scientifique Nature Communications.

En extrayant des nodules polymétalliques des abysses, les machines excavatrices soulèvent des sédiments marins. Ces particules forment des panaches qui obstruent la mer. « L’eau devient aussi trouble que celle chargée de boue du fleuve Mississipi », explique dans un communiqué l’auteur principal de cette étude, le chercheur Michael Dowd.

L’équipe de scientifiques a analysé les effets de ce phénomène sur la vie marine en analysant les rejets d’un essai minier mené en 2022 dans la zone de Clarion-Clipperton. Cette immense zone de fracture géologique, située au beau milieu du Pacifique, est ciblée par les industriels pour sa profusion en nodules polymétalliques riches en cobalt, nickel et cuivre.

Plus de la moitié du zooplancton affecté

Ils ont constaté que les panaches miniers « réduisent la nourriture disponible pour les communautés qui vivent dans les profondeurs », explique la professeure d’océanographie et co-autrice de cette étude Erica Goetze. Les particules mises en circulation dans l’eau par l’exploitation minière contiennent en effet moins d’acides aminés (un indicateur clé de la valeur nutritionnelle) que celles naturellement présentes à ces profondeurs. Les organismes marins ont donc à leur disposition moins de protéines, « pour le même effort de recherche de nourriture ».

D’après leurs estimations, 53 % du zooplancton et 60 % du micronecton seraient affectés par les rejets miniers, avec des conséquences en cascade sur toute la chaîne alimentaire. Pour le moment, seuls les États-Unis ont fait part de leur intention d’exploiter les abysses à échelle industrielle ; le reste de la communauté internationale négocie encore un Code destiné à encadrer cette activité. « Il est encore temps de prendre des décisions éclairées, affirme l’un des auteurs de cette étude, Brian Popp. Sans prise en compte de ces résultats, « nous risquons de nuire à des écosystèmes que nous commençons tout juste à étudier ».

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