Forêt du Morvan : le texte de l’arrêté organisant la destruction des espèces

10 février 2013 / par La source




dimanche 10 février 2013

Le 31 janvier dernier, la préfète de la Nièvre prenait un arrêté permettant la destruction d’espèces protégées à Sardy-les-Epiry, en forêt du Morvan.

Le texte est éloquent :

« Considérant que le projet répond à des raisons impératives d’intérêt public majeur de nature sociale, économique et environnementale, (…) la Société d’économie mixte Nièvre Aménagement est autorisée à détruire, altérer ou dégrader les sites de reproduction ou les aires de repos d’espèces animales protégées »

Dimanche 10 février s’est tenu un pique-nique de résistance sur le site, devenu "Zone à défendre" de "Notre Dame des Bois". Récit du pique-nique


samedi 9 février 2013

Erscia : le Conseil national de protection de la nature était très partagé
ne. - DESTRADE Pierre

Le Conseil national de protection de la nature (CNPN) a examiné le dossier de pôle industriel bois à Sardy-lès-Épiry le 11 janvier dernier. Un « avis défavorable » a été rendu. Mais que dit ce rapport dans le détail ?

Le CNPN, qui est une instance consultative, a statué sur le volet faunistique du projet Erscia. Donc sur le déplacement des espèces protégées. Les conclusions ont été communiquées aux principales parties concernées le 14 janvier.

Premier enseignement, selon le texte de l’expert que nous nous sommes procuré : « la commission a été très partagée sur l’appréciation du dossier (4 voix pour, 6 voix contre et 4 abstentions) ».

Par ailleurs, « la commission a bien noté que l’intérêt public majeur lui a été présenté et que l’absence d’autres solutions a été démontrée ». En octobre dernier, le tribunal administratif de Dijon avait retoqué un arrêté préfectoral en estimant, notamment, que cet impératif d’intérêt public majeur n’était pas reconnu. Les porteurs du projet avaient sensiblement affiné leur argumentaire pour gagner, enfin, cette reconnaissance.

D’après l’expert, « les mesures d’évitement et de réduction » ainsi que « les mesures de compensation » ont été « renforcées » par rapport à la première présentation devant le CNPN en février 2012. Il est au passage fait mention de la création de la zone humide dans le bois du Tronçay, en vue de laquelle huit arbres ont été coupés lundi. Depuis, le site est occupé par les opposants au projet Erscia, qui ont créé une « zone à défendre » et qui promettent un « Notre-Dame-des-Bois ».

La commission dit aussi avoir « pris acte de l’annonce, par le Conseil général, de l’acquisition de 60 hectares de boisements, mais elle estime qu’une durée de 10 ans pour l’acquisition du reste des boisements ou de terrains à boiser est trop longue ».

Enfin, le CNPN « regrette que des informations plus détaillées n’aient pas été fournies sur la gestion forestière des espaces boisés acquis ou sur ceux maintenus sur le bois du Tronçay ». Une remarque dont les services de l’État ont tenu compte puisque la gestion forestière fait l’objet d’un paragraphe spécifique dans le dernier arrêté préfectoral pris le 31 janvier.

Stéphane Vergeade (Le journal du Centre)


Mardi 5 février

La lutte s’organise contre la scierie géante

Deuxième jour d’occupation au bois du Tronçay. Depuis le départ des forces de l’ordre, lundi soir, les opposants au projet Erscia comptent rester sur le terrain.

Après le face-à-face entre gendarmes et opposants au projet Erscia, lors d’une coupe d’arbres sur une parcelle du bois du Tronçay, commune de Sardy-lès-Épiry (voir notre édition d’hier), les opposants ont continué à occuper le site. Voici les faits saillants de la journée de mardi.

1 - Une plainte a été déposée. Dans la matinée, le président d’Adret Morvan Pascal Fichot a été convoqué à la gendarmerie de Corbigny, dans le cadre d’une plainte déposée par Nièvre Aménagement, pour violation de propriété privée. Il a été entendu pendant une heure et demie avant d’être relâché.

2 - Le cercle des opposants s’élargit. «  Une quarantaine de personnes en moyenne a occupé la parcelle du bois du Tronçay », rapporte Muriel André, d’Adret Morvan. « Nous avons accueilli des militants du comité de soutien à la lutte de Notre-Dame-des-Landes, du comité Loire Vivante, de la Confédération paysanne, et des riverains. »

Via Internet, les réseaux militants extérieurs à la Nièvre ont été activés. Et des personnes des départements limitrophes ont répondu présent comme Fabien Houyez, Icaunais et membre du comité de soutien à la lutte de Notre-Dame-des-Landes. « J’ai vu aussi des gens de Chalon-sur-Saône, de Puisaye et de Sens. » Tous attendaient l’arrivée d’engins pour nettoyer le site. Sauf que le chantier n’a pas repris hier.

Des militants d’Europe Écologie-Les Verts ont également rejoint le mouvement. Certains ont été aperçus dès 6 h 30 sur le site. Les Verts, qui dénoncent « un passage en force » de la préfecture sur la coupe des arbres, lundi, demandent « l’arrêt immédiat des travaux », a indiqué dans la soirée le porte-parole départemental, Jean-Yves Demortière.

3 - Création d’un collectif et d’une “zone à défendre”. Un collectif a vu le jour, intitulé “collectif du bois du Tronçay”. Il regroupe associations et comités opposés au projet Erscia. Sa première action : la création d’une zone à défendre (ZAD). Son objectif : installer durablement les opposants sur l’emplacement prévu de la scierie, comme cela a été fait à Nantes. Cette “zone à défendre” est la déclinaison de l’acronyme ZAD (zone d’aménagement différée), utilisé à l’origine du projet de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. « Le comité de soutien à la lutte de Notre-Dame-des-Landes incite la création de ZAD là où des projets comme ceux de Nantes et de Sardy existent », précise Fabien Houyez.

D’après nos informations, les occupants entendent inscrire le mouvement dans la durée. Des cabanes pourraient être construites dans le bois du Tronçay. Façon Notre-Dame-des-Landes...

4 - Christian Paul rencontre Arnaud Montebourg. Le député PS de la Nièvre, Christian Paul, ainsi que les investisseurs belges du projet Erscia, ont rencontré le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, dans l’après-midi à Paris. Cette entrevue a duré 45 minutes. « Une très bonne rencontre » d’après Christian Paul. Arnaud Montebourg aurait « confirmé son soutien au dossier ». La fronde lancée par les opposants a été évoquée. « Personne ne comprendrait que la Nièvre soit le seul département de France qui refuse d’accueillir un projet comme celui-ci », lance Christian Paul. « Demander des garanties, c’est nécessaire, mais à l’heure de Goodyear, PSA, Petroplus, s’opposer, cela semble irresponsable. C’est notre position et celle du gouvernement ».

Pierre Destrade et Stéphane Vergeade (Le Journal du Centre)





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Lire aussi : Dans le Morvan, l’Etat détruit un bois et une zone humide en s’arrangeant avec la loi



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