Goretti : en pleine tempête, la radio locale maintient le lien
Ici Normandie, l'antenne locale de Radio France, est passée en édition spéciale le 9 janvier pour informer sur les dégâts de la tempête Goretti. - © Guy Pichard / Reporterre
Ici Normandie, l'antenne locale de Radio France, est passée en édition spéciale le 9 janvier pour informer sur les dégâts de la tempête Goretti. - © Guy Pichard / Reporterre
Durée de lecture : 3 minutes
La tempête Goretti a frappé la Normandie dans la nuit du 8 au 9 janvier. La radio publique locale Ici a lancé une édition spéciale pour recueillir les témoignages et informer sur les dégâts. Reporterre était dans les studios.
« J’ai peu dormi, mais je vous écoute. Un groupe électrogène me permet d’avoir du courant », confie une auditrice. Dans les locaux d’Ici Normandie, l’antenne locale de Radio France, l’équipe est sur le pont depuis 6 heures du matin pour informer les habitantes et habitants de la région des dégâts causés par la tempête Goretti, et recueillir leurs témoignages.
Située dans le centre-ville de Caen, la radio avait décidé de passer en mode édition spéciale : programmes habituels bouleversés, et une grande place aux appels des auditeurs. Si le Calvados et l’Orne n’ont pas été aussi durement touchés que le département voisin de la Manche où, à Barfleur, les vents ont atteint 213 km/h, ils ont tout de même été mesurés à 147 km/h à Caen.
Les transports en commun ont été mis à l’arrêt par précaution depuis la veille, et les axes routiers ont été gênés par les arbres et les détritus divers (ardoises, poubelles), emportés par le vent. Dans le Calvados, 62 500 foyers ont vu leur électricité cesser de fonctionner pendant la nuit.
« Vous êtes nos yeux et nos oreilles, appelez-nous ! », lance l’animateur François Duval à l’antenne pour inciter les Normands à passer un coup de fil, envoyer un courrier électronique ou commenter sur les réseaux sociaux.
« Nous avons un réseau d’auditeurs fidèles qui nous appellent »
Le but ? Informer en direct de la situation aux quatre coins des deux départements que couvre la station, afin de distiller des conseils et des témoignages, au sujet du trafic routier comme de la nuit passée sous une toiture parfois vacillante.
« Dans ce type de situation exceptionnelle, nous avons un réseau d’auditeurs fidèles qui nous appellent dès la prise d’antenne pour partager l’info sur les intempéries ou les problèmes sur la route », explique Julien Corbière, le directeur d’Ici Normandie.
Ce matin-là, les témoignages varient des arbres couchés sur la route aux ponts fermés en passant par les fils électriques au sol. Face aux nombreuses coupures d’électricité, la radio devient l’un des derniers liens avec l’information lorsque Internet rencontre des difficultés ou qu’il est impossible de recharger les batteries des téléphones.
« Quand il y a des coupures, les gens retrouvent le poste FM à piles, continue Julien Corbière. Nous faisons encore gagner des postes FM et DAB, ça marche très bien ! »
À cause du vent, la rédaction a dû elle aussi faire face à des difficultés techniques et électriques avant même sa prise d’antenne à six heures du matin. En plus de s’affairer avec les techniciens, la rédactrice en chef Stéphanie Brossard a aussi bataillé contre les soucis techniques au téléphone pour trouver des élus locaux disponibles pour faire le point sur leur commune.
Régis Picot, premier adjoint au maire de Vire, a par exemple répondu favorablement pour rassurer de la situation sur son territoire — seulement de gros coups de vents sans dommages importants. Ce sera aussi le cas des préfets des départements, qui donneront les informations officielles.
« Le réseau Ici a des conventions avec les préfectures pour qu’elles interviennent sur nos antennes, cet échange est contractualisé à l’échelle nationale », détaille Martin, journaliste. La veille, il est allé filmer les témoignages d’habitants inquiets des prévisions tandis que les marins attachaient leurs bateaux.
« Je reste convaincue que les radios locales restent un lien fort entre les humains, surtout en service public », dit Carole, journaliste sur cette antenne depuis 39 ans. « En 2013, on avait eu trois jours de neige, des gens dormaient dans leur voiture ou des trains en nous écoutant, j’ai alors mesuré combien nous étions importants. »