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Grand Paris Express : encore un accident mortel sur le chantier

Travaux préparatoires de la ligne 16 du métro, dans le cadre du Grand Paris Express, à Chelles (Seine-et-Marne), en 2016.

Un nouvel accident mortel a eu lieu, mercredi 5 janvier, sur le chantier de construction du « super-métro » francilien, le Grand Paris Express. La victime, un ouvrier de 61 ans travaillant pour la société Eiffage, aurait été écrasée par une plaque métallique de plusieurs centaines de kilos alors qu’elle travaillait à des opérations de manutention sur le site de la future gare Saint-Denis Pleyel. Elle serait décédée sur le coup, selon les informations du Parisien.

Il s’agit du deuxième accident mortel sur le chantier du Grand Paris Express. Ce projet a pour objectif de desservir, via la construction de 200 kilomètres de lignes de métro et de 68 gares, les grands pôles d’activité autour de la ville de Paris (l’aéroport de Roissy, le plateau de Saclay, le centre d’affaires de la Défense, etc.). Il y a un peu plus d’un an, le 22 décembre 2020, Abdoulaye Soumahoro, un ouvrier de 41 ans, avait perdu la vie après une chute dans un malaxeur à béton. « Au cours des douze derniers mois, ce sont cinq ouvriers qui ont été gravement blessés dans le cadre de la construction du Grand Paris Express », ajoute la CGT 93 dans un communiqué.

Le syndicat évoque des « cadences infernales », « même le dimanche », sur le chantier de ce projet contesté par les écologistes. « Les contraintes de temps sont très fortes sur ce chantier. Dans le métier, on sait bien que cela se traduit toujours par plus de stress au travail, plus de pression sur les salariés, des horaires de travail modifiés, de la sous-traitance en cascade, etc. D’autant plus que l’absentéisme lié au Covid commence à se faire sentir dans le bâtiment », a commenté Jean-Pascal François, administrateur de la fédération CGT de la construction, dans les colonnes du Parisien.

La Société du Grand Paris, qui supervise ce projet d’aménagement, espère finaliser les travaux de prolongement de la ligne 14 jusqu’à Saint-Denis (où a eu lieu l’accident) pour l’été 2024. « La sécurité n’est en aucun cas une variable d’ajustement pour tenir les délais », a affirmé un porte-parole de la société auprès du journal. Ces déclarations ne parviennent pour le moment pas à convaincre la CGT 93. Ses représentants craignent que « d’autres accidents aussi insupportables » aient lieu en raison de la « pression patronale » exercée sur les ouvriers.

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