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Greenpeace en action contre le bois tropical illégal

Durée de lecture : 4 minutes

8 janvier 2014 / Greenpeace

Greenpeace a mené ce mercredi 8 janvier dans le port de Caen une action contre l’importation irrégulière de bois tropical. Soulignant que la France n’applique toujours pas le règlement européen de lutte contre ces importations qui contribuent à la déforestation.


Greenpeace a mené à l’aube une action de "vérification" des grumes importées au port de Caen.

Le Projet de loi d’avenir sur l’agriculture, l’alimentation et la Forêt en discussion en ce moment même au parlement. Celui-ci doit donner les moyens à la France de lutter efficacement contre le trafic de bois illégal. Aujourd’hui le projet est trop faible : imprécis sur le régime de sanctions, sans moyen de contrôle supplémentaire.

Greenpeace demande au ministre Stéphane Le Foll et aux députés d’améliorer cette loi. Et apporte aux autorités politiques les pièces à conviction !


Le bois illégal circule en Europe
11décembre 2013

Pour la première fois depuis l’entrée en vigueur du nouveau règlement européen sur le bois (3 mars 2013), les autorités ont confisqué du bois illégal venant de République Démocratique du Congo (RDC). Deux cargaisons, arrivées en Allemagne après une halte au port d’Anvers, ont ainsi été saisies.

Greenpeace, qui avait alerté les autorités, attend maintenant que d’autres pays européens suivent l’exemple allemand.

Le bois saisi est du wengé, espèce d’arbre tropical en danger selon le classement de l’UICN. Il a été enregistré par la société d’exploitation forestière libanaise la Bakri Bois Corporation (BBC) en RDC. Il était destiné à l’entreprise suisse Bois d’Afrique Mondiale. Il avait transité par le port d’Anvers, avant d’être mis sur le marché européen via différents commerçants de bois allemands. Greenpeace avait alerté les gouvernements sur l’origine frauduleuse de ce bois, et l’Allemagne a agi !

Cette saisie lance un signal fort à toutes les entreprises d’exploitation forestière ainsi qu’à leurs clients européens afin qu’ils évitent toute pratique commerciale frauduleuse.

Rappelons que l’objectif de la réglementation RBUE (Règlement sur le Bois de l’Union Européenne) est d’éradiquer les produits du bois d’origine illégale sur le marché européen. Selon Interpol, l’exploitation forestière illégale représente actuellement entre 15 et 30 % des volumes de bois commercialisés dans le monde. La valeur du commerce du bois récolté illégalement est estimée à environ onze milliards de dollars, c’est à dire comparable à celle du marché de la drogue – estimée à environ treize milliards de dollars !

Dans des pays du bassin du Congo comme la République Démocratique du Congo, l’exploitation illégale du bois (dépassement des quotas de coupe, non paiement des taxes, abattage d’essences protégés, non respect des cahiers des charges passés avec les communautés forestières, etc.) est en partie responsable de la déforestation qui avance et qui menace le deuxième bassin de forêts tropicales au monde. Ce commerce illégal ne profite qu’à quelques sociétés congolaises ou internationales, à des importateurs ou traders peu scrupuleux en France, en Europe ou en Asie, mais absolument pas aux communautés forestières locales. En France, ce bois tropical illégal constitue une concurrence déloyale face aux filières bois françaises issues de forêts mieux gérées.

Si c’est aux entreprises importatrices de s’assurer de l’origine et de la traçabilité du bois acheté, et d’étudier sérieusement la possibilité de fraude de leur marchandise, il est du devoir et de la compétence des Etats européens de fixer les sanctions à appliquer et des les mettre en œuvre !

En France, le ministère de l’Agriculture, en charge de l’application du Règlement sur le Bois de l’Union Européenne (RBUE), ne semble pas pressé de le faire appliquer. En effet, si la directive européenne est officiellement entrée en vigueur, le délit n’est pas codifié et transposé dans la loi française. Le projet de loi l’intégrant a été déposé et doit être discuté à l’Assemblée Nationale, à partir du mois de janvier.

On ne verra donc pas Stéphane le Foll demander la saisie d’une des nombreuses cargaisons de bois illégal qui continuent de transiter dans les ports français comme La Rochelle, Caen, ou Nantes. Lorsque Greenpeace a alerté le ministère, la réponse a été que “les choses prendraient du temps“. La France a pourtant l’obligation de faire appliquer cette réglementation depuis mars dernier !

On a surtout l’impression que les politiques français veulent gagner du temps : la France ne veut pas prendre le risque d’appliquer le règlement de manière trop sévère, au risque de voir les importateurs de bois lui préférer des pays plus laxistes comme le Portugal ou la Grèce. La balance commerciale française semble donc être la priorité … même si elle dépend de l’illégalité !


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Source :
. photo et texte de l’action : Greenpeace
. article sur la saisie en Allemagne : Greenpeace

Lire aussi : Le marché ne sauvera pas les forêts tropicales.

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