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En brefClimat

L’Arabie saoudite et la Chine captent l’argent de l’adaptation climatique

L'enquête a été publiée alors que se déroule la COP30 au Brésil.

Où part donc l’argent de la finance climatique ? Une enquête conjointe du Guardian et de Carbon Brief, publiée le 14 novembre, lève le voile sur un fiasco prévisible. En vertu de l’Accord de Paris, les pays développés — notamment ceux d’Europe, les États-Unis et le Japon — doivent participer au financement de la transition écologique des pays en développement. Une enveloppe, ayant atteint les 100 milliards de dollars par an en 2022 et devant désormais être triplée à horizon 2035.

Problème : après l’analyse de plus de 20 000 projets climatiques financés par ces fonds, il apparaît que des pays relativement riches — tels que la Chine et les États pétroliers comme les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite — en ont été les principaux bénéficiaires. À l’inverse, seulement un cinquième des financements alloués en 2021 et 2022 ont profité aux 44 pays les plus pauvres du monde. Ce, bien davantage sous forme de prêts que de dons — 95 % ou plus au Bangladesh et en Angola, aggravant ainsi l’endettement de ces États vis-à-vis des pays les plus riches.

« Comme la distribution de la plus grande partie des fonds n’était soumise à aucun contrôle central et relevait entièrement du pouvoir discrétionnaire de chaque pays, elle était influencée par des intérêts politiques et n’était pas toujours dirigée vers les endroits où les besoins étaient les plus criants », observe le média britannique.

Dévoilée à l’heure où la COP30 au Brésil bat son plein, cette analyse discrédite un peu plus le multilatéralisme climatique. Le jour même, la coalition d’ONG Kick Big Polluters Out a dénombré plus de 1 600 lobbyistes des énergies fossiles dans les négociations se jouant à Belém. Une concentration record ! Pour protester contre ces défaillances, des autochtones ont forcé quelques jours plus tôt les portes d’entrée du rassemblement pour réclamer d’être mieux intégrés.

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