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Photographe dans les Vosges ©Mathieu Génon/Reporterre

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Alimentation

L’Europe prête à accepter des niveaux élevés de radioactivité dans les aliments

Reporterre observe les temps forts de la session du Parlement européen. Au programme des députés cette semaine, les niveaux maximaux admissibles de contamination radioactive en cas d’accident.


Les députés européens se prononceront jeudi 9 juillet sur la contamination radioactive légale dans les denrées alimentaires et les aliments pour bétail en cas d’accidents nucléaire. « Ce projet de règlement a pour but d’harmoniser les normes au niveau communautaire mais les NMA [Niveaux maximum admissibles] proposées par la Commission correspondent à des niveaux de risque inacceptables, en particulier pour les enfants », dénonce Michèle Rivasi, député Verts/ALE.

La député s’appuie sur un travail réalisé par la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD), dont elle a été la première présidente. L’association a procédé à l’analyse du rapport scientifique qui valide le choix des NMA. « Elle a mis en évidence toute une série d’erreurs, d’incohérences et d’irrégularités. Ces erreurs sont graves et vont toutes dans le même sens : minimiser les risques et aboutir à la fixation de limites de contamination excessivement élevées. C’est pour cela que nous demandons que des amendements soient votés pour diminuer par 10 les limites définies pour les aliments solides et par 100 celles définies pour l’eau potable », indique la député.

Dans la zone sous contrôle de Fukushima, au Japon, en juin 2014

Les NMA du règlement européen ont été définis selon un scénario peu crédible. « Les experts considèrent l’impact d’un accident lointain, survenant à plus de mille kilomètres des frontières de l’Union européenne. Partant de là, ils estiment que la contamination ne toucherait qu’une faible part de la ration alimentaire des consommateurs européens », explique-t-elle. Il faut donc, soit revoir à la baisse, et de façon drastique, les NMA, comme le demandent les députés Verts-ALE, soit rédiger un second règlement applicable aux accidents susceptibles d’affecter fortement les Etats membres. « C’est urgent : plus de 42 % des 438 réacteurs électronucléaires en fonctionnement dans le monde sont implantés en Europe », insiste la député du sud-est de la France.

Co-rapporteuse du texte pour la commission Envi (Environnement, santé publique et sécurité alimentaire), Michèle Rivasi dénonce aussi le manque de transparence qui a entouré le travail des députés. La direction générale de l’Energie de la Commission européenne a refusé de communiquer aux députés le nom des experts sur le travail desquels elle appuie ses propositions de niveaux admissibles de contamination.

Elle en a le droit : tout ce qui concerne l’énergie atomique en Europe relève du traité Euratom et n’est soumis au Parlement que pour consultation. « C’est inadmissible ! Le nucléaire ne doit plus échapper au débat public en Europe et nous avons déposé un autre amendement pour demander que soit établie la co-décision du Parlement sur les questions relatives à l’atome », indique Michèle Rivasi.

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