Un rapporteur de l’ONU dénonce la répression des mouvements écolos
Les militants de Just Stop Oil réprimés à Londres, le 8 novembre 2023. - X/Just Stop Oil
Les militants de Just Stop Oil réprimés à Londres, le 8 novembre 2023. - X/Just Stop Oil
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« La répression que subissent actuellement en Europe les militants environnementaux qui ont recours à des actions pacifiques de désobéissance civile constitue une menace majeure pour la démocratie et les droits humains. » Cette déclaration a été faite par Michel Forst, rapporteur spécial des Nations unies sur les défenseurs de l’environnement, en préambule d’un long rapport, publié le 28 février, sur la répression par l’État des manifestations et de la désobéissance civile environnementales.
Face à l’inaction des États à propos de la crise climatique, le rapporteur estime que les militants « exercent leurs droits fondamentaux à la liberté d’expression, de réunion pacifique et d’association, garantis par le droit international relatif aux droits humains ».
Il dresse ensuite une longue liste de tout ce que les militants subissent en Europe : répression et brutalité policière, poursuites judiciaires, arsenal juridique répressif, atteinte à la liberté de la presse. Tout cela constitue selon lui « une menace majeure pour la démocratie, les droits humains ». « Les autorités publiques semblent considérer toute perturbation comme une forme de violence ou de menace pour la sécurité publique et, sur cette base, restreignent indûment l’exercice du droit de réunion pacifique ou interdisent totalement certaines formes de manifestations. »
Il déplore le fait que les organisations et militants environnementaux soient qualifiés d’« écoterroristes » et comparés à des organisations criminelles en France, mais aussi en Autriche et en Allemagne.
Le rapport estime que les médias sont en partie responsables de la situation en utilisant « des termes désobligeants et diffamatoires pour décrire les défenseurs de l’environnement et leurs actions », tout en omettant d’expliquer « les raisons pour lesquelles les manifestants ont recours à de telles actions ».
Il s’inquiète également des atteintes à la liberté de la presse, donnant comme exemple le cas de notre journaliste Elsa Souchay, poursuivie alors qu’elle couvrait une manifestation contre les OGM dans l’Aveyron.
Face à cela, Michel Forst estime que les États devraient prendre des mesures urgentes pour faire face à la crise environnementale. « Au lieu de criminaliser les défenseurs de l’environnement, les gouvernements devraient s’attaquer aux causes profondes de leur mobilisation. » Il propose aussi de modifier le discours politique afin de contrer les récits qui présentent les défenseurs de l’environnement et leurs mouvements comme des criminels.
Il estime enfin que les États ne doivent pas utiliser la désobéissance civile environnementale comme prétexte pour restreindre l’espace civique et l’exercice des libertés fondamentales.