L’avion est jusqu’à 26 fois moins cher que le train en Europe
Greenpeace appelle à supprimer les exemptions de taxes et subventions pour les aéroports et compagnies aériennes. - Wikimedia Commons/CC BY-SA 2.0/Anna Zvereva
Greenpeace appelle à supprimer les exemptions de taxes et subventions pour les aéroports et compagnies aériennes. - Wikimedia Commons/CC BY-SA 2.0/Anna Zvereva
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Le marché européen continue de promouvoir un moyen de transport aussi climaticide que l’avion, au détriment du train. C’est le constat accablant d’un rapport publié par Greenpeace le 21 août.
L’ONG a analysé un ensemble de 142 trajets majeurs en Europe, dont 33 au sein d’un même pays et 109 transfrontaliers. Tous les trajets faisant moins de 1 500 km et comportant tous des options pour voyager par le rail et par les airs.
Résultats : pour 54 % des trajets transfrontaliers, l’avion est le plus souvent moins cher que le train. Certains vols low cost, comme des Barcelone-Londres à 15 euros, sont jusqu’à 26 fois moins chers que le même trajet en train. Le pire pays en la matière étant... la France, où 95 % des voyages transfrontaliers sont moins chers en avion, en moyenne au moins 6 jours sur 9.
Cet état de fait est encouragé par les politiques européennes, dénonce Greenpeace, les vols internationaux étant exemptés de taxes sur le kérosène et de TVA (taxe sur la valeur ajoutée), contrairement au train, en plus de bénéficier de subventions publiques.
Seuls points positifs : depuis 2023, l’ONG note que les trajets sur lesquels les trains sont majoritairement moins chers ont augmenté de 14 %. La dynamique est aussi encourageante sur les trajets domestiques, avec 70 % des trajets pour lesquels le train est moins cher.
Greenpeace appelle à en finir avec cette régulation injuste et ce « système truqué » en augmentant les taxes sur les billets d’avion, en commençant par les billets business et première classe, à supprimer les exemptions de taxes et subventions pour les aéroports et compagnies aériennes. Et à soutenir, à l’inverse, le train, notamment par la réduction des taxes, l’instauration d’un système de billets abordables et uniformisés en Europe, le développement d’une meilleure interconnexion entre les lignes ou la création d’un « billet climatique », un forfait favorisant l’usage des transports en commun entre et dans chaque pays européen.