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L’eau potable de Paris menacée par l’élargissement d’un forage pétrolier

Des forages pétroliers existent déjà en Seine-et-Marne, comme ici à Sivry-Courtry.

Bientôt de nouveaux puits de pétrole à 80 kilomètres de Paris. Le gouvernement français a autorisé en catimini, en décembre 2023, l’élargissement d’une concession pétrolière près de la forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne), révèle Libération.

Le décret, signé par la Première ministre, Élisabeth Borne – qui jurait pourtant lors de sa prise de fonction que la France deviendrait « la première grande nation écologique à sortir des énergies fossiles » – autorise la société Bridge Energies à exploiter les ressources pétrolières enfouies en Seine-et-Marne sur un périmètre de 53 km², soit cinq fois la surface initiale de sa concession.

« Catastrophe écologique en puissance »

Le 30 janvier, par la voie d’un arrêté, la préfecture de Seine-et-Marne a elle aussi approuvé « l’ouverture de travaux miniers » destinés au forage de deux nouveaux puits sur la plateforme actuelle.

Selon Eau de Paris, l’établissement public chargé du prélèvement, du traitement et du transport de l’eau potable vers la capitale, cet arrêté menace directement son réseau de distribution. Les deux futurs puits traversent en effet la nappe phréatique au cœur de l’aire d’alimentation des captages d’eau souterraine de Villemer et de Villeron, deux sources qui revêtent pour Eau de Paris « un intérêt stratégique majeur », selon son président, Dan Lert, également adjoint chargé de la Transition écologique à la mairie de Paris.

Ces points de captages fournissent respectivement 9 000 m3 et 16 000 m3 d’eau potable en moyenne chaque jour. Ils permettent d’alimenter les robinets des 789 habitants du bourg de Villemer, ainsi que ceux de plus d’une centaine de milliers de Parisiens, en particulier des arrondissements du centre et de l’ouest, selon les informations de Libération. « Ce projet d’hydrocarbures est une catastrophe écologique en puissance », a déclaré Dan Lert à nos confrères.

Des risques dans le transport du pétrole

Dans un avis rendu en avril 2023, la mission régionale de l’autorité environnementale d’Île-de-France avait pointé des risques « susceptibles de dégrader la qualité de l’eau » lors du forage « dans la traversée des aquifères ».

Des risques demeurent une fois le pétrole sorti du sol. « Le danger principal, c’est l’accident lors de l’acheminement des hydrocarbures, a expliqué à Libération un spécialiste de la régie publique Eau de Paris. En sortant du site, les camions [qui vont jusqu’à la raffinerie du Havre] commencent par longer le Lunain [une rivière traversant l’Yonne et la Seine-et-Marne]. Et le Lunain traverse le périmètre sourcier de Villeron. Si ce cours d’eau est contaminé, c’est tout le point d’eau potable qui pourrait l’être. »

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