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En brefLibertés

L’extractivisme et la répression de la presse vont souvent ensemble, selon RSF

Mine d'or à ciel ouvert en Australie (photo d'illustration).

Les industries extractivistes prospèrent très bien là où la liberté de la presse est brimée. C’est le constat qui ressort d’un rapport publié le 28 octobre par Reporters sans frontières (RSF). L’association a croisé les données issues de son classement annuel de la liberté de la presse avec celles de la Banque mondiale sur les bénéfices tirés des ressources naturelles : hydrocarbures, produits miniers et exploitations forestières.

Bilan : « À l’échelle mondiale, entre 2013 et 2021, 78 % des hydrocarbures (pétrole, gaz et charbon), 45 % des produits miniers, et 67 % des produits de l’exploitation forestière proviennent de pays qui connaissant une situation “difficile” à “très grave” en matière de liberté de la presse. Les pays où le journalisme est réduit au silence (situation “très grave”) représentent à eux seuls près d’un tiers (31 %) de l’exploitation mondiale des ressources naturelles », souligne RSF.

Quelques pays sont particulièrement ciblés comme étant à la fois « prédateurs des ressources » et « prédateurs de la liberté de la presse ». C’est le cas de la Chine et de la Russie, mais aussi de l’Inde, pays où la moitié des 28 journalistes tués ces dix dernières années enquêtaient sur des sujets environnementaux, dénonce le rapport. Les plus gros producteurs d’hydrocarbures (notamment l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Irak, l’Iran et le Koweït) exercent également une forte répression sur la presse.

« Le droit à l’information sur l’exploitation des ressources naturelles est vital pour comprendre les conséquences catastrophiques de l’extractivisme [...] Sans journalistes pour témoigner des coupes rases, photographier les mines géantes à ciel ouvert ou raconter l’histoire de populations déplacées et exploitées, les crimes contre l’environnement et les droits fondamentaux auront lieu dans un silence meurtrier », a commenté Arthur Grimonpont, responsable du bureau enjeux globaux de RSF.

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