La Commission du débat public refuse d’être instrumentalisée par le gouvernement

Durée de lecture : 2 minutes

18 décembre 2018

Dans une lettre adressée à Matignon datée du 15 décembre, la commission nationale du débat public (CNDP), chargée de mettre sur pieds la « grande concertation » rappelle fermement ses principes et son indépendance. Plusieurs de ses membres estiment que si l’exécutif ne respecte pas les règles, la CNDP doit se retirer du jeu.

« Il est primordial de ne jamais laisser entendre que le gouvernement pilote directement ou indirectement », écrit noir sur blanc la CNDP dans cette lettre. Elle rappelle également qu’un débat public ne peut être un outil à la solde du pouvoir : la commission « veillera à ce que les réunions du ’grand débat’ ne soient en aucun cas des ’meetings politiques’, ni pour le gouvernement, ni pour la majorité », écrit-elle. La commission rappelle qu’elle est neutre, indépendante et qu’elle seule décide de la méthode pour organiser le débat et en restituer les conclusions.

Après avoir mené, elle aussi, une série de consultations préalables, la CNDP met en garde l’exécutif : la défiance est forte. Elle lui déconseille d’évoquer « des lignes rouges » et de persister à employer des termes comme « pédagogie », ou « explication » au risque de vider les salles ou de les radicaliser. Elle réclame du gouvernement qu’il « s’engage à répondre par écrit, de manière argumentée et détaillée à toutes les positions et propositions » et à ne prendre pendant les deux mois et demi de concertation aucune décision qui n’en tienne pas compte.

En cause notamment, la réunion convoquée mardi 18 décembre au soir à l’Elysée pour préparer le grand débat national, en présence du Premier ministre, qui fait bondir certains membres de la commission, selon franceinfo. L’un d’entre eux évoque une « réunion jupitérienne » en contradiction absolue avec les principes de l’institution. « Emmanuel Macron ne peut pas en faire une affaire personnelle », s’indigne l’un des représentants de la société civile qui y siège.

Emmanuel Macron envoie pourtant le signal parfaitement contraire quand il déclare comme il l’a fait hier que finaliser le débat public et en clarifier les règles avant le Conseil des ministres impose qu’il n’aille pas à Biarritz. C’est une « priorisation normale de mon agenda » a déclaré le chef de l’État, qui se fait remplacer par Jean-Yves Le Drian, son ministre des Affaires étrangères, à la réunion de préparation du G7.



Lire aussi : Chantal Jouanno : « Ce n’est pas au décideur d’éclairer le public, c’est au public d’éclairer le décideur »


18 septembre 2019
Feux de forêt : Human Rights Watch accuse le gouvernement brésilien de laisser faire les « réseaux criminels »
Lire sur reporterre.net
18 septembre 2019
Une étude montre la perte vertigineuse des glaciers andins
Lire sur reporterre.net
18 septembre 2019
48 heures de garde à vue pour avoir fabriqué un homard géant
Lire sur reporterre.net
17 septembre 2019
Les vifs incendies en Indonésie enfument la Malaisie et tuent les éléphants
Lire sur reporterre.net
17 septembre 2019
Bercy veut supprimer 1.700 postes au ministère de l’Écologie en 2020
Lire sur reporterre.net
17 septembre 2019
Mobilisation contre le projet de blanchisserie nucléaire de Joinville
Lire sur reporterre.net
16 septembre 2019
À Lyon, les « décrocheurs » de portraits de Macron ont été relaxés
Lire sur reporterre.net
13 septembre 2019
Mort de Steve : « Les mesures prises par le commissaire divisionnaire ont manqué de discernement »
Lire sur reporterre.net
13 septembre 2019
Deux écologistes assassinés au Honduras
Lire sur reporterre.net
12 septembre 2019
La loi énergie - climat définitivement adoptée, des ONG déçues
Lire sur reporterre.net
12 septembre 2019
À Besançon, mobilisation pour soutenir deux journalistes injustement accusés
Lire sur reporterre.net
11 septembre 2019
Pont sur la Loire : déboisement en cours, des opposants face aux machines
Lire sur reporterre.net
11 septembre 2019
De nombreux soutiens au procès parisien des « décrocheurs » de portrait de Macron
Lire sur reporterre.net
10 septembre 2019
Le Val-de-Marne, premier département à prendre un arrêté antipesticides
Lire sur reporterre.net
10 septembre 2019
Des écoféministes décrochent un portrait de Macron
Lire sur reporterre.net




THEMATIQUE    Libertés
17 septembre 2019
Dans les forêts du Morvan, l’État refuse d’encadrer les coupes rases
Enquête
18 septembre 2019
Les travailleurs sous-traitants du nucléaire en grève car « la sécurité se dégrade »
Entretien
20 juillet 2019
En Grèce, les low-tech au secours des migrants
Alternative


Sur les mêmes thèmes       Libertés