La Commission européenne veut réduire de 90 % les émissions de l’UE d’ici 2040
L’objectif climatique a été annoncé par Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, le 6 février 2024. - Flickr/CC BY 2.0 Deed/Sébastien Bertrand
L’objectif climatique a été annoncé par Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, le 6 février 2024. - Flickr/CC BY 2.0 Deed/Sébastien Bertrand
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Les émissions nettes de CO2 devront baisser de 90 % d’ici à 2040 (par rapport à 1990), dans toute l’Union européenne (UE). C’est l’objectif qu’a annoncé Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, devant le Parlement européen le 6 février. La Commission avait précédemment adopté — en 2021 — un objectif de réduction d’émissions de gaz à effet de serre de -55 % pour 2030.
« Fixer un objectif climatique pour 2040 aidera l’industrie européenne, les investisseurs, les citoyens et les gouvernements à prendre des décisions au cours de cette décennie qui maintiendront l’UE sur la bonne voie pour atteindre son objectif de neutralité climatique en 2050 », écrit la Commission dans un communiqué de presse.
Elle souligne que « l’équité, la solidarité et les politiques sociales doivent rester au cœur de la transition », ajoutant que « l’action climatique doit bénéficier à tous dans nos sociétés », en prenant en compte « les plus vulnérables » et ceux « qui sont confrontés aux plus grands défis d’adaptation ».
Pas de sortie des fossiles
La Commission européenne évoque l’importance de décarboner les secteurs des transports, de l’agriculture — sans détailler, quelques heures après avoir annoncé le retrait du plan de réduction des pesticides dans l’UE — et de l’énergie. L’alliance sur les petits réacteurs nucléaires (destinée à accélérer le développement des réacteurs nucléaires du futur) a d’ailleurs été lancée le même jour. La Commission compte également sur « le déploiement de technologies de captage et de stockage du carbone, ainsi que l’utilisation du carbone capturé dans l’industrie » — des outils controversés.
Enfin, la Commission mise sur « une moindre dépendance aux combustibles fossiles grâce à une baisse de 80 % de leur consommation énergétique entre 2021 et 2040 », en remettant à « après 2030 » une sortie des énergies fossiles.
« C’est à peu près aussi significatif qu’un objectif visant à prévenir le cancer du poumon sans aucun plan pour mettre fin au tabagisme, avait réagi Silvia Pastorelli, chargée de campagne pour Greenpeace EU, devançant l’annonce d’Ursula von der Leyen. L’absence d’un plan d’élimination progressive des combustibles fossiles, et même des subventions, non seulement retarde l’action climatique dont nous avons un besoin urgent, mais finira par nuire davantage aux populations. »
Une première étape
Le Réseau Action Climat (RAC) France regrette également que l’objectif de -90 % des émissions d’ici à 2040 soit exprimé en net (incluant les émissions absorbées par la nature et les technologies) plutôt qu’en brut (ce qui refléterait uniquement les baisses réelles d’émissions).
Il s’agit d’une première étape pour l’échéance 2040 : une proposition législative ne sera écrite par la prochaine mandature de la Commission européenne qu’après les élections du 9 juin, après une négociation avec les États membres et au Parlement européen.